Le PNUD et FMJC misent sur l’usage « accru » du gaz et des foyers améliorés pour endiguer la déforestation en RDC

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Dans le cadre de la mise en œuvre du programme « Energie » du Fonds national REDD (FONAREDD), le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et l’ONG Femmes des médias pour la justice au Congo (FMJC) ont lancé le lundi 15 août 2022 la campagne de sensibilisation pour l’usage accru des foyers améliorés et le gaz de pétrole liquéfié (GPL) dans 5 villes, à savoir : Kinshasa, Kisangani, Lubumbashi, Bukavu et Goma, a relayé le site d’information 7sur7.cd.

La même source précise que sur financement du PNUD, grâce aux donations de l’Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale (CAFI), du Fonds national REDD et du Fonds d’équipement des Nations-Unies (UNCDF), cette campagne sera mise en œuvre par l’ONG FMJC jusqu’à fin 2023.

Cette campagne vise à persuader plus de 7 millions de congolais à adopter le mode de cuisson propre pour réduire leur empreinte carbone, a fait valoir la coordonnatrice de FMJC, Kenneth Enim Ampi.

Poursuivant son allocution, elle a expliqué que « la campagne que nous lançons aujourd’hui sera mise en oeuvre à Kinshasa, Kisangani, Lubumbashi, Bukavu et Goma. Au-delà de ces villes, nous attendons que ce projet touche plusieurs autres parties de la République grâce à la médiatisation. L’objectif de cette campagne est d’amener au moins 7 millions de personnes dans les provinces ciblées à changer de comportement pour commencer à utiliser les réchauds à gaz et les Foyers culinaires améliorés. Voilà l’importance de la campagne qui va développer des stratégies de proximité tendant à persuader les cibles à adopter le mode de cuisson propre ».

De son côté, le coordonnateur du programme Energie du PNUD, Kouadio N’Goran, a expliqué que la pression sur les forêts autour des centres urbains en République démocratique du Congo (RDC) est galopante. Ceci suite à l’utilisation du bois énergie dans les ménages. D’où, l’importance d’adopter d’autres modes de cuisson pour réduire cette pression.

A ce propos, N’Goran a laissé entendre : « nous envisageons dans le cadre de cette campagne de substituer en partie la consommation du bois énergie pour freiner la déforestation et ses dégâts qui sont les émissions de gaz à effet de serre (…). Le comportement que nous envisageons est celui qui permettra d’adopter des nouvelles méthodes de cuisson dans les ménages. La quantité du bois de chauffe (Makala, ndlr) que nous consommons dans nos ménages est tellement énorme. Ce programme vise à permettre à la forêt de se régénérer pour qu’elle produise de nouveau les services environnementaux à la population ».

Le site d’information 7sur7.cd a relayé que pour maximiser les chances de réussite pour cette campagne de sensibilisation, le PNUD a associé l’artiste Barbara Kanam qui en est l’ambassadrice de bonne volonté. Plus de 40 entreprises basées dans les 5 villes ont également été recrutées pour fabriquer les Foyers améliorés et aussi 2 entreprises de fourniture et vente de gaz de pétrole liquéfié ont été associées.

Rappelons que la consommation du bois énergie constitue la 2ème source de déforestation en RDC après l’agriculture itinérante sur brûlis. D’après une étude réalisée par le Centre pour la recherche forestière internationale (CIFOR) en 2011, le bois énergie est la principale source d’énergie pour 90% de la population urbaine et une partie des industries en RDC.

Selon cette même étude, le volume de bois énergie vendu pour Kinshasa est de 4,8 millions de m3 par an, alors qu’à Kisangani il est de 200 000 m3. Ces consommations représentent plus de 12 fois le volume officiel de la production annuelle de bois qui est de 400 000 m3.

Moctar FICOU / VivAfrik

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