Convention d’Abidjan – CMAE-18 : Arlette Soudan Monault regrette l’absence « de documents juridiques » dans la lutte contre le plastique

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La ministre de l’Environnement et du Développement durable de la République du Congo par ailleurs coordonnatrice technique du bassin du Congo et du Fonds bleu pour le bassin du Congo, Arlette Soudan Monault, a reconnu, vendredi 16 septembre 2022 à Dakar au Sénégal qu’individuellement et souverainement, les Etats africains ont déjà un décret qui a été pris il y a une dizaine d’années qui demande de ne plus utiliser ou de ne plus « consommer le plastique comme on le voit pour l’eau, pour aller faire des achats au marché ».

Celle qui est aussi la présidente en exercice de la Convention d’Abidjan s’exprimait au terme de la 18ème session de la Conférence ministérielle africaine sur l’environnement (AMCEN) qui s’est terminée par l’adoption par les ministres de l’environnement de 54 pays africains d’une série de décisions et de messages clés pour lutter contre le changement climatique, la perte de la nature, la pollution et les déchets, y compris l’élimination des décharges à ciel ouvert et combustion des déchets.

Se prononçant sur le péril plastique mais aussi sur le Traité adopté à Dakar par les ministres africains de l’Environnement et visant à mettre fin à la pollution plastique, à éliminer les décharges à ciel ouvert et à brûler les déchets, à lutter contre la résistance aux antimicrobiens, Mme Monault a laissé entendre : « nous avons bien commencé mais il y a deux grands enjeux. Il faut que, dans le cadre de la décentralisation, la déconcentration des pouvoirs publics, la gestion des collectivités locales, les ministres portent les démarches politiques mais l’exécutif, souvent, ce sont les préfets, les chefs de départements, les maires et autres. C’est ce qu’on appelle la gestion décentralisée, la gestion déconcentrée de la mise en œuvre de l’exécutif que nous sommes ».

« L’applicabilité des textes que nous prenons, même lorsque vous parlez de ce traité, vous vous rendrez compte qu’ils ne peuvent pas réellement le mettre en application de façon globale pourquoi ? », s’interroge-t-elle.

Avant de répondre à sa propre question. « C’est parce que tout simplement nous avons le vide juridique sur la façon dont nous devons communiquer dans la région. Comment préserver nos frontières de ce qui arrive sur le long des différentes côtes de nos Etats ? Nous n’avons pas de documents juridiques là-dessus. Nous l’avons relevé ici. Nous avons peut être mis la charrue avant les bœufs. Nous avons des textes internes, ça, c’est la volonté politique des Etats souverainement. Nous avons un traité global auquel il faille terminer maintenant par le cadre institutionnel et règlementaire pour amener les différents continents, parce que le flux d’eau n’a pas de continent. Il dérive le sachet plastique », a regretté la ministre Congolaise de l’Environnement.               

Le grand problème, selon elle, est que ce sont des déchets chimiques et il faut plus de 5 ans pour la dégradation du plastique enfoui dans la terre. « Mais lorsqu’il (le plastique) est dans l’eau, les ressources halieutiques l’absorbent. Et là aussi, nous avons un problème de gestion. C’est pour vous dire qu’il y a beaucoup de mécanismes que nous sommes en train de mettre en place et nous-mêmes, nous commençons à comprendre les problèmes de notre propre planète. Malgré ces problèmes, il y a des sceptiques sur toutes les questions abordées », a-t-elle déploré. 

Il a fallu, selon ses dires, qu’avec la fonte de l’Antarctique, les inondations, la prolifération des matières plastiques sur les côtes de nos Etats maintenant pour nous rendre compte réellement que, ce que disaient certains experts il y a plusieurs années, c’est une réalité aujourd’hui.

C’est pourquoi, « nous conjuguons aujourd’hui l’implémentation, l’appropriation et la mise en œuvre. Nous pensons que, une fois de plus, que nous soyons vigilants au niveau national et ensuite que nous soyons solidaires à ce traité qui nous engagent tous pour notre propre planète ».

Consciente du profit que le plastique peut nous procurer, Mme la ministre de l’Environnement et du Développement durable de la République du Congo appelle à recycler ces déchets. « Nous ne faisons même le recyclage de nos déchets alors qu’il y a beaucoup de choses que nous produisons en quantité qui nous permettent de recycler. Il faut également aller vers cette reforestation qui permettra d’avoir des arbres qui sont dédiés à faires des papiers, des sacs… ».                                       

A l’en croire, l’Afrique a le taux de déforestation le plus faible du monde. A ce propos, elle a confié à qui veut l’entendre que « nous avons un taux de déforestation très, très faible aujourd’hui. Donc, ne vous fiez pas à ce qu’on vous dit notamment sur l’agriculture sur brûlis et autre. Nous sommes le continent solution basée sur notre propre nature et le continent qui a ménagé réellement le reste du monde ».

Moctar FICOU / VivAfrik   

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