L’insécurité alimentaire, sous l’effet des conflits, des chocs économiques et des catastrophes climatiques, s’est encore aggravée dans le monde en 2022 avec à la clé 258 millions de personnes ayant eu besoin d’une aide alimentaire d’urgence contre 193 millions en 2021, ont alerté, mercredi 3 mai 2023, plusieurs agences de l’Organisation des Nations unies (ONU). Ainsi, la problématique de l’insécurité alimentaire se présente comme l’une des principales préoccupations de la communauté internationale.
Dans le monde, le nombre de personnes en situation de crise alimentaire aiguë a progressé de 33 % pour atteindre 258 millions en 2022 contre un effectif de 193 millions de personnes un an plus tôt. C’est ce qu’indique le Réseau mondial contre les crises alimentaires (GNAFC) dans son rapport annuel sur les crises alimentaires mondiales.
Il s’agit du chiffre le plus élevé depuis la création du rapport il y a sept ans. En 2021, 193 millions de personnes dans 53 pays et territoires étaient confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, selon le dernier rapport mondial de l’ONU sur les crises alimentaires, relevant que cette croissance reflète en grande partie une augmentation de la population analysée.
L’insécurité alimentaire aiguë progresse « pour la quatrième année consécutive », avec des millions de personnes « souffrant d’une faim si sévère qu’elle menace directement leur vie », soulignent les 17 acteurs de ce réseau, qui réunit l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Programme alimentaire mondial (PAM) ou encore l’Union européenne, mais aussi des agences gouvernementales et non gouvernementales, qui s’efforcent de lutter ensemble contre les crises alimentaires.
Alors que dans les années antérieures l’insécurité était identifiée comme étant le principal facteur en cause, les effets des chocs économiques mondiaux cumulés depuis 2019 à la pandémie de covid-19 et ceux survenus en 2022 ont pris l’ascendant.
Selon les détails fournis par le document, les chocs économiques prenant en compte les impacts socio-économiques du covid-19 et les répercussions du conflit russo-ukrainien ont représenté la principale cause d’insécurité alimentaire dans 27 des 58 pays touchés contre 19 pays pour l’insécurité et 12 pays pour les phénomènes climatiques extrêmes.
Par ailleurs, le rapport indique que 7 pays sont confrontés à la famine. La Somalie qui regroupe plus de la moitié du nombre total de personnes concernées arrive d’ailleurs en tête de ce classement suivi par le Soudan du Sud, le Yémen, l’Afghanistan, l’Haïti, le Nigeria et le Burkina Faso.
Incapacité de l’humanité à progresser vers les ODD
« Plus d’un quart de milliard de personnes sont aujourd’hui confrontées à des niveaux aigus de faim, et certaines sont au bord de la famine. C’est inadmissible », a écrit le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, dans l’avant-propos du rapport.
En 2022, la gravité de l’insécurité alimentaire aiguë est passée à 22,7%, contre 21,3% en 2021, mais elle reste « inacceptable et souligne une tendance à la détérioration de l’insécurité alimentaire aiguë dans le monde ».
« Cette septième édition du Rapport mondial sur les crises alimentaires est une mise en accusation cinglante de l’humanité, incapable de progresser vers l’élimination de la faim, l’objectif de développement durable numéro 2 » de l’ONU, a ajouté le chef de l’ONU, António Guterres, en introduction de ce rapport.
Selon le document, plus de 40% de la population en phase 3 ou supérieure du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) réside dans cinq pays seulement : l’Afghanistan, la République démocratique du Congo (RDC), l’Éthiopie, certaines parties du Nigéria (21 États et la capitale fédérale) et le Yémen.
Moctar FICOU / VivAfrik


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