Au Rwanda, un projet de la Banque africaine de développement renforce l’accès universel à l’eau

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Au village de Rwangara, dans le district de Bugesera, à quelque 18 km au sud de Kigali, la capitale du Rwanda, Esther Mukantwali avait coutume de se réveiller à 3 heures du matin et de marcher une heure pour aller chercher de l’eau dans un marigot, a rappelé la Banque africaine de développement (BAD) dans un communiqué parvenu à VivAfrik.

Idem pour Francine Umuhoza, 18 ans, qui vit quatre kilomètres plus loin dans le village de Nyagatovu, toujours dans le district de Bugesera. Il lui fallait plus de deux heures de marche pour se rendre à la source d’eau de son village. Aussi arrivait-elle à l’école en retard et épuisée. « C’était pire pendant la saison sèche, parce que les marigots s’asséchaient, ce qui nous obligeait à marcher encore plus loin, jusqu’à trois heures, pour atteindre la source d’eau suivante », explique-t-elle dans le document officiel diffusé à Abidjan, la capitale de la Côte d’Ivoire ce 8 juin 2023.

L’histoire est différente aujourd’hui. La vie d’Esther et de Francine a changé du tout au tout, grâce à un projet d’eau public-privé financé par la Banque africaine de développement, qui a amené l’eau potable à cinq minutes de chez elles.

« Je ne me réveille plus à 3 heures du matin pour aller chercher de l’eau. Je dors assez et je sais que je peux avoir accès à de l’eau potable près de chez moi », se réjouit Esther Mukantwali dans le communiqué. Avant d’ajouter : « J’ai plus de temps à consacrer à des activités génératrices de revenus ». Francine, quant à elle, parcourt moins de cinq minutes à pied pour se rendre jusqu’au robinet d’eau. Et elle arrive désormais à l’heure à l’école.

Esther Mukantwali, Francine Umuhoza et d’autres habitants de leurs villages paient la modique somme de 300 francs rwandais environ (37 cents américains) par semaine pour l’entretien des installations.

Celles-ci ont permis d’améliorer l’assainissement dans la région, relève la responsable du point d’eau du village de Rwangara, Mukandenezo Esperance : « Nous avions de nombreux cas de maladies d’origine hydrique parce que les sources d’eau étaient contaminées […]. Aujourd’hui, la situation s’est beaucoup améliorée grâce au projet d’approvisionnement en eau de Kigali. »

Le projet d’approvisionnement en eau en vrac de Kigali a été la première opération de la Banque dans le secteur privé au Rwanda. Achevé en 2021, Le projet comprenait l’installation d’une nouvelle usine de traitement des eaux, la construction de nouveaux puits et la réhabilitation de puits existants. Des canalisations, des réservoirs de stockage, des stations de pompage et des points d’eau ont également été installés dans différentes parties de Kigali, relaye le communiqué.

Produisant 40 000 mètres cubes d’eau par jour, le projet a élargi l’accès et amélioré les services d’eau pour 500 000 personnes environ à Kigali et dans les alentours. Il alimente également la plus grande zone industrielle du pays, la Kigali Prime Economic Zone, située à Masoro, dans le district de Gasabo. Il a été mis en œuvre par la Water and Sanitation Corporation (WASAC), la compagnie nationale d’eau et d’assainissement qui, auparavant, ne pouvait produire que 109 500 m³, alors que la demande moyenne de Kigali est de 150 000 à 200 000 m³ par jour.

Speciose Nyirabahire, spécialiste du suivi et de l’évaluation à la WASAC, précise que 68 points d’eau ont été installés dans le district de Bugesera dans le cadre du projet. « Aujourd’hui, les filles n’abandonnent plus l’école à cause des tâches domestiques. L’eau étant proche de leur domicile, elles ont tout le temps d’étudier et ont de bons résultats à l’école », explique-t-elle dans le document officiel.

Mme Nyirabahire a ajouté que l’assainissement dans les écoles a également gagné en qualité car, outre l’amélioration de l’approvisionnement en eau, le projet a fourni des blocs sanitaires dans les établissements d’enseignement.

Le projet d’approvisionnement en eau de Kigali participe à la réalisation de l’objectif gouvernemental d’accès universel à l’eau.

De son côté la cheffe du Bureau pays pour le Rwanda de la Banque africaine de développement, Aissa Touré Sarr  a laissé entendre que « la Banque est heureuse de travailler en partenariat avec le gouvernement pour l’aider à atteindre son objectif de transformation sociale et d’accès à l’eau pour la population ».

Dans sa stratégie nationale de transformation 2017-2024, le gouvernement rwandais ambitionne d’étendre l’accès à l’eau à 100 % d’ici à 2024, contre 86 % aujourd’hui. Grâce au soutien de la Banque, le Rwanda semble être en bonne voie pour remplir cet objectif.

Moctar FICOU / VivAfrik

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