Sénégal : La Coalition for Rainforest Nations appelle à doter les pays tropicaux de financements climat

« Pour que le Sénégal, comme tous les autres pays tropicaux, puissent contribuer à l’objectif global de l’Accord de Paris sur le climat, les financements climat doivent affluer dès maintenant », a soutenu Alphonse Bizimana, membre de la Coalition for Rainforest Nations (CfRN). L’expert qui s’exprime ce mardi 8 août 2023 à Dakar lors de l’atelier de lancement de la phase de préparation du mécanisme REDD+ au Sénégal axé sur le projet Rapportage des résultats basés sur les actions REDD+ (RRR+) a fait valoir que « l’objectif de la Coalition est de soutenir les pays comme le Sénégal dans cet effort important de mobilisation de fonds climatiques afin de mettre en œuvre un nouveau mécanisme REDD+ comme indiqué dans l’Accord de Paris et d’obtenir les financements nécessaires au prix et rythme des pays comme le Sénégal méritent ».

A l’occasion de cet atelier de haut niveau qui regroupe les acteurs de la gestion des forêts et qui marque le lancement du processus de préparation de la REDD+ au Sénégal, les principales parties prenantes à la mise en œuvre de la REDD+ sont identifiées, leurs rôles et responsabilités sont clairement définis en vue de l’instauration d’un cadre institutionnel favorable à la mise en œuvre de l’assistance technique fournie par la CfRN.  

« Les sessions de l’atelier de deux jours (du 8 au 9 août 2023) permettent de couvrir les règles, modalités et procédures adoptées pour la génération de « résultats d’atténuation transférés au niveau international » (ITMO en anglais) en vertu de l’article 6.2, y compris l’introduction de la plate-forme REDD.PLUS, les nouvelles exigences clés pour participer en vertu de l’article 6.2. À cet égard, une session est dédiée à la présentation des éléments à respecter par les techniciens et les décideurs, sur les résultats de l’article 6 pour pouvoir planifier et commencer à travailler sur les étapes nécessaires, y compris la collecte de données pour atteindre l’objectif du Sénégal de recevoir du financement pour les résultats REDD+ », ont souligné les Termes de références (TDR) de l’atelier.                     

Au cours de ces deux jours des sessions de lancement de l’initiative, ajoute le document, les exigences de rapportage à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et à l’accord de Paris, sur les exigences REDD+ et sur les décisions de l’article 6 sur les marchés du carbone seront revues en détails.  

De son côté, le directeur de cabinet du ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique, venu présider la cérémonie d’ouverture de cet atelier de haut niveau au nom du ministre de l’Environnement, Alioune Ndoye, a souligné que la lutte contre le changement climatique reste le plus grand défi auquel l’humanité est interpellée.

En effet, le Sénégal, s’est engagé aux côtés de la communauté internationale dans la mise en œuvre d’initiatives à impact considérable pour l’atténuation et l’adaptation au changement climatique.  

« A ce titre, et conformément aux engagements qu’’il a pris dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat, le Sénégal a soumis une ambitieuse Contribution déterminée au Niveau national (CDN). Notre pays s’est fixé comme objectif, dans l’option inconditionnelle de réduire ses émissions de gaz à effet à serre de 7% à l’horizon 2030 par rapport à la situation de référence. Avec l’appui de la communauté internationale dans le financement de projets à impacts forts sur le climat, les émissions de gaz à effet de serre pourraient atteindre une baisse de 29% en 2030 » a laissé entendre le responsable sénégalais.                  

Qui a regretté le fait que la déforestation et de la dégradation des forêts à grande échelle, et l’adoption de pratiques non durables de gestion des terres agricoles seraient principalement les véritables sources d’émissions de gaz à effet à de serre en Afrique.

Suffisant pour lui de noter que la lutte contre l’érosion de la biodiversité, le changement climatique, la déforestation et la dégradation des forêts est devenue cruciale pour assurer un devenir meilleur aux populations rurales.

A ce titre, les initiatives pour renforcer la résilience et la capacité d’adaptation des communautés doivent être mises en œuvre dans toutes les politiques sectorielles de lutte contre la pauvreté. C’est principalement dans ce cadre que les solutions basées sur la nature, notamment la valorisation des services écosystémiques, sont considérées comme une approches originale pour atténuer la pression humaine sur les écosystèmes naturels.

« Avec un potentiel annuel de séquestration de CO2 estimé à 15,6 gigatonnes, les forêts, à travers le monde, dès lors qu’elles sont gérées durablement, constitueraient une sérieuse option pour absorber et atténuer les émissions de plusieurs secteurs d’activités », a dit le directeur de cabinet du ministère de l’Environnement.

Fodé Fall a ajouté que le Sénégal est fortement intéressé aux mécanismes financiers novateurs tels que la REDD+ pour davantage renforcer le cadre de gouvernance des forêts et des ressources naturelles et d’apporter des réponses concrètes à la gestion durable des forêts, à la lutte contre la pauvreté et la précarité dans le monde rural.

Rappelons que le mécanisme REDD+ (Réduction des émissions dues à la déforestation et la  Dégradation des Forêts ; et la prise en compte de la Conservation, de la gestion durable des forêts et du renforcement des Stocks de carbone forestiers), une initiative incitative de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) adopté depuis la COP de 2008 en Pologne, qui vise, d’une part, à lutter contre le changement climatique, par le renforcement des capacités de séquestration de carbone en milieu forestier, et d’autre part, à faire bénéficier des paiements pour service environnemental aux communautés bénéficiaires de projet, est une approche novatrice qui a fini de faire ses résultats dans le monde tropical. Cependant sa mise en œuvre obéit à certains préalables qui garantiraient sa réussite.

Moctar FICOU / VivAfrik                                


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