Le groupe Afrique satisfait de l’accord décidé à la COP28 sur la « transition hors des énergies fossiles »

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En fin de matinée du mercredi 13 décembre 2023, le président de la 28ème Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP28), Sultan al-Jaber, a réuni la séance plénière pour annoncer le nouvel accord décidé pour une « transition » vers l’abandon des énergies fossiles. Séance durant laquelle chaque partie est invitée à s’exprimer sur le texte adopté. Du côté du groupe Afrique, le président du bloc, le ministre zambien de l’Environnement, Collins Nzovu, s’est montré presque totalement satisfait.

En effet, un accord a été trouvé à la COP28 de Dubaï, un texte bien plus équilibré que la mouture précédente qui avait suscité un véritable tollé. L’ambition de la sortie des énergies fossiles n’a pas été atteinte, mais les avancées sont notables pour une « transition hors des énergies fossiles ». Pour le groupe Afrique, cet accord présente de très grands progrès.

Suffisant pour M. Nzovu de remercier, lors de sa courte prise de parole, le leadership du président de la COP28 ainsi que toutes les parties pour la sincérité des échanges qu’il juge profonds et ouverts. Collins Nzovu a surtout salué le volontarisme des participants, il a défini un « climat d’amour » et s’est dit convaincu que l’histoire est en train de s’écrire.

Sur la question de l’adaptation, qui est cruciale et prioritaire pour l’Afrique, la nouvelle mouture de l’accord va plus loin que la précédente. Les financements destinés aux pays pauvres pour s’adapter au changement climatique seront multipliés par deux d’ici à 2025, d’après le texte qui, cette fois, donne des objectifs chiffrés : entre 215 et 387 milliards de dollars par an, d’ici à 2030.

« La COP28 a été un succès »

Le président du groupe Afrique qui estime qu’il manque la définition d’un cadre de travail qui précise clairement les objectifs à atteindre dans la durée, mais cela reste un grand pas en avant a ajouté que « l’une des questions cruciales pour l’Afrique était bien sûr l’objectif global sur l’adaptation. Comme c’est la question la plus importante pour nous, nous sommes convaincus que, guidés par l’état d’esprit d’unité et d’amour qui a régné durant cette COP, nous serons gratifiés par la définition de ces objectifs thématiques et mesurables que nous souhaitons ».

« Nous avons abouti à un bilan mondial sur la finance globale et nous sommes engagés à réformer le système financier mondial. Avant même l’ouverture des débats, nous avons acté l’opérationnalisation du fonds pertes et préjudices, et des ressources concrètes y ont été engagées. Notre deuxième grande demande était l’accès à la science et à la technologie. Ici à Dubaï, nous avons pris l’engagement de tripler le renouvelable et doubler l’efficacité énergétique. L’objectif d’atteindre 1,5 degré est maintenu. Pour le moment, nous croyons vraiment que la COP28 a été un succès », a encore détaillé le président du bloc par ailleurs ministre zambien de l’Environnement.

Des spécificités de l’Afrique à prendre en compte

Rappelons que l’Afrique s’est déjà félicité dans la première version du texte du choix de la réduction des énergies fossiles, plutôt que de leur sortie pure et simple. L’accord qui vient d’être signé et qui acte un éloignement des fossiles lui convient tout aussi parfaitement.

Bien que le continent soit une des grandes victimes du réchauffement climatique, les pays africains se sont toujours montrés intransigeants sur l’usage de leurs matières premières. Ils ont martelé qu’il fallait tenir compte de la spécificité de l’Afrique – à savoir sa grande pauvreté – qui l’oblige à exploiter ses ressources pétrolières et gazières pour soutenir son développement. Ces besoins spécifiques et cette responsabilité différenciée sont reconnus par l’accord signé ce matin.

« La décision de ce matin (mercredi 13 décembre 2023) est beaucoup plus qu’historique, elle est phénoménale, extraordinaire. On dirait la victoire des petits, des sans-voix, contre les grands pollueurs. On a un accord qui donne l’espoir que la fin du fossile a sonné. […] En tant que citoyen et acteur de la société civile, on n’est pas totalement content de la décision d’utiliser des énergies de transition pour aller vers des économies décarbonées, car ça laisse la possibilité à toute forme d’exploitation. […] Mais c’est le compromis qu’on a trouvé. Maintenant, il reste à voir dans le détail pour que le diable ne vienne pas prendre toute la place », a conclu Collins Nzovu.

Moctar FICOU / VivAfrik

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