Un officier supérieur sénégalais assure que la Falémé « n’est pas totalement perdue »

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La Falémé, un affluent du fleuve Sénégal fortement agressé par des orpailleurs à travers l’utilisation de produits nocifs, « n’est pas totalement perdue », a assuré le commandant de la zone militaire N°4, colonel Mademba Aliou Fall qui se prononçait lors d’une rencontre tripartite entre les zones militaires frontalières de la Mauritanie, du Mali et du Sénégal sur la sécurité transfrontalière.

A cet effet, le colonel Fall a expliqué que « la problématique de la Falémé est très importante et elle concerne les trois pays. La Falémé implique principalement le Mali et le Sénégal, mais se déverse sur le fleuve Sénégal qui impacte directement la Mauritanie ».

Il a signalé que la question de la Falémé figure cette année parmi les sujets au menu de la rencontre tripartite.

Lors de son speech, M. Fall a relevé, que rien pour que l’année 2023, la zone militaire numéro 4 a « démantelé plus d’une centaine de sites d’orpaillages clandestins ». C’est « l’une des sources du problème avec ce qui est déversé comme produits chimiques sur le fleuve ».

« Nous avons eu une note d’espoir durant nos patrouilles fluviales pendant l’hivernage. Nous avons pu noter qu’il y avait quelques hippopotames sur la Falémé, malgré tout quelques activités de pêche, ce qui n’est pas recommandé », a-t-il confié, signalant que la décision a été prise, « pour la première fois », pour « des patrouilles conjointes sur la Falémé entre les forces armées malienne et sénégalaise ».

Le commandant de la zone militaire N°4 a précisé qu’une telle démarche devrait permettre d’avoir « un meilleur contrôle de cette étendue et d’agir d’un point de vue pénal de manière beaucoup plus dure, surtout contre ceux qui s’en prennent à la Falémé en déversant des produits nocifs ».

Poursuivant son allocution, le colonel Fall, a précisé qu’en plus de la pollution de la Falémé, « la problématique de l’orpaillage est également un vecteur d’autres formes de criminalités (…) ».

« Pendant l’hivernage, dit-il, les braquages augmentent. Puisqu’ils n’ont plus accès à la terre, certains vont se tourner vers cela ».

Toutefois, le colonel Fall a fait remarquer que « c’est une problématique globale que nous prenons en compte. Nous ferons tout pour apporter des tentatives de solutions, mais ce ne sont pas les armées qui vont restaurer la Falémé, ce sont d’abord les populations (…), parce que ce sont elles qui vivent le long du fleuve ».

Il s’est félicité de la création d’un comité de protection de la Falémé, par le Sénégal et le Mali. « Nous nous en félicitons et les encourageons à poursuivre dans ce domaine », a-t-il-dit.

Moctar FICOU / VivAfrik

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