Madagascar – Cyclone Gezani à Tamatave : Le témoignage poignant d’un habitant après une nuit de chaos

Le passage du cyclone Gezani sur Madagascar a provoqué la mort d’au moins 31 personnes dans la nuit de mardi 10 au mercredi 11 février 2026. Tamatave, deuxième agglomération du pays et principal pôle économique, a été particulièrement touchée. Rafales dévastatrices, habitations éventrées, quartiers submergés et arbres arrachés ont laissé derrière eux un paysage de désolation. Sur place, un résident, David Penn, revient sur ces heures d’angoisse.

Une nuit sous la menace des vents violents

Installé à Tamatave, David Penn décrit une soirée marquée par la peur. Dans son logement, couvert de tôles, les bourrasques s’engouffraient avec une intensité impressionnante. Les plaques métalliques vibraient bruyamment et le plafond se soulevait sous la pression du vent, donnant l’impression qu’il pouvait céder à tout moment. Si son habitation a tenu bon, de nombreux voisins ont vu leur toiture arrachée.

La ville a été frappée par des rafales atteignant jusqu’à 250 km/h. L’alerte cyclonique avait été diffusée en amont, permettant aux habitants de se préparer dès le week-end. Les premières fortes bourrasques se sont manifestées en début de soirée, accompagnées de pluies abondantes et de vents soutenus. À ce stade, les dégâts restaient limités mais l’inquiétude grandissait.

L’œil du cyclone en plein centre-ville

Aux alentours de 20 heures, la situation s’est brusquement aggravée lorsque le phénomène météorologique a traversé le cœur même de Tamatave. Pendant une brève accalmie correspondant au passage de l’œil du cyclone, certains habitants, dont David Penn, ont tenté d’évacuer l’eau accumulée dans leurs logements et d’évaluer les premières dégradations.

Mais peu après 21 heures, la seconde phase de la tempête s’est révélée encore plus violente. Cette fois, les vents ont frappé l’autre côté des bâtiments, jusque-là relativement épargné. Des toitures ont été tordues ou arrachées. Dans l’obscurité totale, aggravée par la coupure générale d’électricité, il était impossible de distinguer clairement l’ampleur des destructions. Les résidents avaient pris soin de verrouiller volets et portes afin de limiter les infiltrations d’air et d’éviter que les plafonds ne soient emportés. Malgré ces précautions, l’eau pénétrait dans les habitations, tandis qu’un vacarme assourdissant persistait jusqu’à près de 23 heures.

Après minuit, le vent a progressivement faibli, laissant place à un silence relatif. Les habitants ont alors poursuivi leurs efforts pour éponger les inondations intérieures, sans pouvoir réellement observer l’extérieur à cause de la nuit et de l’absence d’éclairage public.

Une ville durement touchée au petit matin

Au lever du jour, l’étendue des dégâts est apparue. L’électricité restait interrompue, une situation fréquente dans la région, selon le témoin, qui précise que de nombreux foyers disposent de lampes ou panneaux solaires portatifs pour faire face à ces coupures.

En parcourant la ville au matin, David Penn affirme qu’aucun quartier ne semble avoir été totalement épargné. De nombreuses habitations ont perdu leur toiture. Des poteaux électriques se sont effondrés, laissant câbles et débris joncher les routes. La circulation est compliquée par les flaques d’eau, les tôles métalliques et les troncs d’arbres couchés sur la chaussée.

Une population déterminée à se relever

Malgré le choc, les habitants de Tamatave font preuve d’une grande capacité d’adaptation. Dès l’aube, beaucoup étaient déjà à l’œuvre pour récupérer des matériaux, dégager les rues et réparer sommairement leurs maisons. Entre le début de la matinée et la mi-journée, des progrès visibles avaient déjà été réalisés dans plusieurs quartiers.

Pour beaucoup, il s’agit de remettre en état le plus rapidement possible afin de pouvoir reprendre le travail dès le lendemain. Selon le témoin, certaines habitations privées de toit au petit matin avaient déjà été partiellement restaurées quelques heures plus tard.

Le cyclone Gezani laisse ainsi derrière lui un lourd bilan humain et matériel à Madagascar, mais aussi l’image d’une population mobilisée pour reconstruire, malgré l’ampleur des dégâts subis par Tamatave.

Moctar FICOU / VivAfrik


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