Le Point de contact national (PCN) du Royaume-Uni rattaché à l’OCDE a déclaré recevable la saisine introduite par l’organisation Lumière Synergie pour le Développement (LSD) et des pêcheurs de la Langue de Barbarie visant BP et Kosmos Energy, entreprises en charge du développement gazier offshore Grand Tortue Ahmeyim (GTA). À Saint-Louis, les communautés concernées considèrent cette décision comme une étape majeure.
Déposée en août 2023 par LSD et l’Association des pêcheurs artisans « Gaadlou Guèrri », la requête dénonçait un déficit de concertation réelle et participative avec les riverains, ainsi que des conséquences environnementales, sociales et économiques jugées inquiétantes pour des populations dont l’activité principale repose sur la pêche artisanale.
D’après LSD, la position du PCN valide la pertinence des inquiétudes exprimées et souligne d’importantes défaillances attribuées à BP en matière de diligence raisonnable, notamment concernant l’anticipation et la gestion des effets sociaux et écologiques liés au projet gazier transfrontalier. « Des mesures correctives doivent être prises », a insisté El Hadji Dame Fall, président de l’organisation.
Selon lui, cette évolution oblige la compagnie pétrolière et gazière à répondre pleinement de ses engagements envers les habitants impactés par l’exploitation du gisement. De son côté, Aly Marie Sagne, directeur exécutif de LSD, estime que la portée de cette décision dépasse le seul cadre du champ GTA. Il rappelle qu’elle met en avant la nécessité d’obtenir l’accord libre, préalable et éclairé des communautés concernées et réaffirme l’exigence faite aux grandes entreprises de se conformer aux standards internationaux.
Les plaignants précisent qu’ils ne rejettent pas les projets énergétiques en tant que tels. Ils appellent toutefois à une transition équitable, prenant en compte les droits humains, la protection de l’environnement et les réalités socio-économiques locales.
Enfin, LSD et les représentants des pêcheurs invitent les autorités nationales ainsi que les bailleurs et institutions financières impliqués dans le secteur énergétique à s’inspirer de cette décision. L’objectif, selon eux, est de veiller à ce que les prochains investissements respectent rigoureusement les exigences sociales, environnementales et juridiques en vigueur.
Moctar FICOU / VivAfrik


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