La Namibie subit chaque année des pertes financières considérables en raison du manque chronique d’eau. Plus de quatre cinquièmes de son territoire sont considérés comme secs ou semi-secs, une situation que le ministère de l’Environnement et du Tourisme qualifie de risque majeur pour la croissance économique et la cohésion sociale.
D’après la ministre Indileni Daniel, relayée par les médias nationaux, la Namibie figure parmi les États les plus arides d’Afrique subsaharienne. Les précipitations y sont extrêmement irrégulières, avec des écarts importants d’une année à l’autre. Elle précise également que la température moyenne du pays a progressé de 1,2 °C, soit un rythme supérieur à la moyenne mondiale. Cette évolution accentue l’exposition aux sécheresses sévères, aux crues soudaines et aux feux de brousse.
Une sécheresse historique aux conséquences dramatiques
L’épisode sec de 2023-2024, présenté comme le plus grave enregistré depuis plus de cent ans, a fortement affecté les récoltes et entraîné une diminution de plus de 70 % du niveau des retenues d’eau.
Selon les autorités, cette situation a plongé plus d’un million de personnes dans l’insécurité alimentaire. Elle met en lumière la fragilité d’un modèle économique encore largement tributaire de l’agriculture. Ce secteur, particulièrement sensible aux aléas climatiques, fait vivre près de 70 % de la population.
Inondations et incendies aggravent la vulnérabilité
Outre la sécheresse, le pays doit également faire face à d’autres phénomènes extrêmes. Les inondations ont contraint des familles à quitter leurs habitations, détérioré des routes et des équipements publics, et fragilisé les moyens de subsistance. Parallèlement, les feux de forêt gagnent en intensité, mettant en péril la biodiversité, les terres communautaires, les installations touristiques et les activités rurales.
La ministre souligne que les engagements pris par la Namibie dans le cadre des accords climatiques internationaux ne doivent pas être perçus comme de simples formalités. Ils constituent, selon elle, des instruments concrets pour améliorer la capacité d’adaptation du pays, attirer des financements climatiques et protéger les populations les plus exposées.
Un risque pour le PIB et des besoins financiers élevés
Les projections de la Banque de Namibie et de la Banque mondiale indiquent que, sans politiques d’adaptation efficaces, le changement climatique pourrait amputer le produit intérieur brut de 6,5 % par an.
Lors de la COP30 en 2025, les autorités namibiennes ont évalué les besoins financiers pour renforcer la résilience des secteurs sensibles — notamment l’agriculture, les ressources en eau et les infrastructures — entre 5,5 et 6 milliards de dollars. Environ 90 % de cette enveloppe devrait provenir d’un appui international.
Face à l’intensification des dérèglements climatiques, la Namibie se trouve ainsi confrontée à un défi majeur : sécuriser les financements nécessaires pour protéger son économie et garantir la stabilité sociale dans un contexte environnemental de plus en plus contraignant.
Moctar FICOU / VivAfrik


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