Le passage du cyclone Gezani a plongé Madagascar dans une situation d’urgence extrême. Jeudi soir, 12 février 2026, les autorités ont proclamé l’état de catastrophe à l’échelle nationale. Le dernier décompte officiel fait état de 38 victimes et de plus de 260 000 personnes affectées par la tempête.
La ville portuaire de Tamatave, principal hub maritime de la façade orientale, figure parmi les zones les plus durement frappées. Environ trois quarts des infrastructures portuaires auraient été anéantis, aggravant une situation déjà critique. Dans un décor marqué par les décombres, les organisations humanitaires s’efforcent de structurer l’assistance.
Une ville paralysée et des besoins vitaux pressants
Sur le terrain, la priorité dépasse désormais la simple mise à l’abri. L’accès aux services essentiels est quasiment inexistant. Frédéric Garcia, coordinateur général de Médecins du Monde France à Madagascar, évoque une désorganisation logistique majeure : la ville est privée d’électricité et les structures sanitaires ne sont plus opérationnelles.
Selon lui, la demande la plus urgente concerne l’hébergement, de nombreuses habitations ayant été détruites. Malgré ces contraintes, un camion chargé de médicaments a pu être acheminé dans la journée. L’appui aérien des Nations unies permet également le transport de matériel et de fournitures médicales vers les zones sinistrées.
Une fragilité économique inquiétante
Au-delà de la phase d’intervention immédiate, les perspectives à court et moyen terme suscitent des préoccupations. Philippe Alard, directeur de l’ONG Humanité & Inclusion, redoute une détérioration du climat social. La paralysie économique locale pourrait priver de nombreux habitants de leurs sources de revenus, faisant peser un risque d’instabilité accrue dans la ville.
La suspension des programmes de l’United States Agency for International Development (USAID) depuis août 2025 accentue ces inquiétudes, en réduisant les marges de manœuvre financières pour répondre aux besoins humanitaires.
L’appel à la solidarité internationale
Pour le colonel Michaël Randrianirina, président de la transition, le soutien extérieur apparaît désormais indispensable. Face à l’ampleur des dégâts et à l’effondrement partiel des infrastructures stratégiques, l’aide internationale est présentée comme une condition essentielle pour éviter une aggravation durable de la crise.
Alors que les secours se poursuivent, Tamatave demeure confrontée à un double défi : répondre à l’urgence humanitaire immédiate et reconstruire un tissu économique et social profondément fragilisé par le cyclone.
Moctar FICOU / VivAfrik


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