Le ministre Sénégalais de l’Environnement et de la Transition écologique, El Hadji Abdourahmane Diouf, a effectué les 23 et 24 mars 2026 des missions de terrain respectueusement dans la région de Tambacounda et celle de Kédougou, marquée par une série de visites stratégiques illustrant la nouvelle orientation des politiques publiques : concilier protection de la biodiversité, lutte contre les changements climatiques et amélioration des conditions de vie des populations.
Un patrimoine naturel mondial au cœur des priorités
Première étape de cette tournée : le Parc national du Niokolo-Koba, plus vaste aire protégée du pays avec près de 913 000 hectares. Créé en 1954, ce site d’exception est reconnu à l’échelle internationale, notamment pour son inscription au patrimoine mondial de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) depuis 1981 et son statut de réserve de biosphère dans le cadre du programme Man and Biosphere.
Selon les éléments du communiqué officiel sanctionnant cette visite, celle-ci intervient dans un contexte particulièrement favorable, marqué par le retrait du parc de la liste du patrimoine mondial en péril en 2024, une décision saluée comme le fruit des efforts soutenus de l’État du Sénégal et de ses partenaires. Ces progrès reposent notamment sur le renforcement de la lutte contre le braconnage, la restauration des habitats naturels et l’amélioration de la gouvernance environnementale.
Sur le terrain, le ministre a parcouru plusieurs sites clés, de Dar Salam à Simenti, en passant par des initiatives communautaires comme le GIE Fanabara. Ces étapes illustrent, selon le document, « l’engagement de l’État en faveur d’une gestion inclusive et du développement local », intégrant pleinement les populations riveraines dans la préservation du parc.
Biodiversité, climat et économie verte : un équilibre recherché
Le Parc national du Niokolo-Koba constitue un pilier écologique majeur pour le Sénégal. Il abrite plus de 70 espèces de mammifères et 329 espèces d’oiseaux, tout en jouant un rôle essentiel dans la régulation climatique, la séquestration du carbone et la protection des ressources en eau, notamment grâce au fleuve Gambie.
Mais au-delà de sa richesse écologique, le parc s’impose aussi comme un levier économique. Les deux communiqués mettent en avant une approche intégrée où l’écotourisme, l’apiculture, le maraîchage et l’artisanat participent à la création de revenus et à l’amélioration des conditions de vie des communautés locales.

Le programme Tombo : un modèle de compensation biodiversité
La mission ministérielle s’est poursuivie dans la région de Kédougou principalement dans la commune de Tomboronkoto, où le ministre a évalué les résultats du programme de compensation biodiversité de Pètowal Mining Company, connu sous le nom de « Programme Tombo ».
D’après le second communiqué, ce programme vise un objectif ambitieux : garantir l’absence de perte nette de biodiversité, voire un gain pour certaines espèces prioritaires comme les chimpanzés. Les résultats présentés sont jugés encourageants : trois zones de conservation couvrant 2 500 hectares ont été mises en place, accompagnées de 14 groupements d’intérêt économique féminins spécialisés dans la valorisation des produits forestiers non ligneux.
Le texte souligne également l’impact socio-économique du projet, avec la création de caisses d’épargne ayant mobilisé plus de 40 millions de FCFA et le développement d’activités génératrices de revenus, notamment dans l’apiculture et la transformation, ayant généré un chiffre d’affaires dès la première année.
Reboisement, infrastructures et résilience climatique
La visite a également permis de mettre en lumière des initiatives concrètes de restauration écologique. À la pépinière régionale de Kédougou, dotée d’une capacité de production de 80 000 plants par an, le ministre a insisté sur son rôle stratégique dans les programmes de reboisement, tout en appelant à résoudre rapidement les contraintes techniques identifiées.
Autre exemple cité : l’axe routier de Fongolimbi, aménagé en 2024 avec la plantation de 368 arbres, affichant un taux de réussite de 89 %. Une performance saluée, même si le ministre a insisté sur l’une implication accrue des populations pour préserver ces acquis.
Enfin, à Sinthiou Rougui, les ouvrages de conservation des eaux et des sols (CES/DRS) ont retenu l’attention. Le radier et la digue filtrante réalisés ont permis de désenclaver le village et d’éviter des situations critiques, illustrant le rôle crucial de ces infrastructures dans l’adaptation aux effets du changement climatique.
Une stratégie nationale tournée vers l’économie verte
À l’issue de cette tournée, El Hadji Abdourahmane Diouf a réaffirmé, selon les deux communiqués, la volonté du gouvernement de faire de l’économie verte et de la préservation des écosystèmes un pilier central des politiques publiques.
L’accent est mis sur une gouvernance inclusive, impliquant étroitement les collectivités territoriales, les partenaires techniques et surtout les communautés locales. La préservation du Parc national du Niokolo-Koba apparaît ainsi comme un impératif stratégique, à la fois pour la protection des espèces, le maintien des équilibres écologiques régionaux et le respect des engagements internationaux du Sénégal.
Cette mission à Kédougou illustre, en filigrane, une ambition plus large : faire de la conservation de la nature un moteur de développement durable, capable de concilier impératifs environnementaux et progrès socio-économique.
Moctar FICOU / VivAfrik


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