Conférence d’Addis-Abeba : l’aide publique au développement ne suffira pas à répondre seule aux défis du changement climatique (Marion Richard)

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Alors que les pays du Sud attendaient des engagements forts de la part des pays développés, les négociations n’ont pas permis beaucoup d’avancées par rapport aux promesses déjà réalisées sur le financement climatique.

Le programme d’action d’Addis-Abeba appelle ainsi les pays développés à mettre en œuvre leur engagement à mobiliser conjointement 100 milliards de dollars par an d’ici 2020, pour répondre aux besoins des pays en développement. Un engagement qui date de la conférence de Copenhague… en 2009. Mais qui peine aujourd’hui à se mettre en place.

“Rien de plus n’a été mis sur la table”, déplore Marion Richard, responsable Climat et développement au sein du RAC (Réseau action climat). “Si l’intégration de la question climatique dans le développement des pays du Sud est bien présente dans l’accord, les pays bailleurs n’ont pas annoncé de moyens supplémentaires. Or, l’aide publique au développement ne suffira pas à répondre seule aux défis du changement climatique. Le même euro ne peut pas servir et au développement et au climat.”

Ce n’est pas forcément la position des États, qui tentent de concilier aide au développement et financement climatique par le biais de leurs agences publiques de développement. Ainsi en France, l’AFD consacre au moins la moitié de ses financements aux pays en développement à des projets favorisant la lutte contre le changement climatique.

Le problème est ailleurs. Les pays riches ne tiennent pour le moment pas leur promesse de financement du développement. Lors du Sommet, ils se sont réengagés à y consacrer 0,7 % de leur revenu national brut (RNB). Mais l’année dernière, seulement cinq d’entre eux avaient atteint cet objectif : le Danemark, le Luxembourg, la Norvège, le Royaume-Uni et la Suède. La France, elle, n’avait consacré que 0,36 % à la question.

Au niveau mondial, 135 milliards de dollars ont été récoltés au titre de l’APD en 2014 (avec une moyenne de 0,29 % du RNB). Or, ce montant est bien loin du compte. La Cnuced (conférence de l’ONU sur le commerce et le développement) estime qu’il faudrait 2 500 milliards de dollars supplémentaires par an.

Avec novethic.fr

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