Maroc : la centrale thermo-solaire Ain Bni Mathar allie énergies renouvelables et développement local

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Cinq ans après son inauguration, la centrale thermo-solaire d’Ain Bni Mathar est précurseur en Afrique. Le projet a réussi à allier énergies renouvelables et développement local. Et les faits parlent d’eux même.

Alors qu’il était encore sur papier, le projet de centrale thermo-solaire d’Ain Bni Mathar dans l’Oriental faisait déjà beaucoup parler de lui, car c’était le premier du genre en Afrique. Et depuis son inauguration en mai 2010, le projet inspire à travers le monde et les années passées confirment son efficacité.

Les objectifs de départ visaient à diversifier les sources d’énergie du Royaume et à sécuriser l’approvisionnement en énergie électrique du pays de façon à satisfaire la demande croissante. Cela devait permettre d’augmenter la capacité de production de l’Office national de l’électricité et de l’eau (Onee) en fournissant au réseau interconnecté près de 1 590 Gwh par an dont 3,5 % soit 56 Gwh / an produit par 220 000 m2 de panneaux solaires.

Selon yabiladi.com dans sa livraison du jeudi dernier et lu par vivafrik.com, grâce aux technologies employées pour le fonctionnement de cette centrale, le Maroc économise 12.000 tonnes de fioul par an et évite ainsi l‘émission de 35.000 tonnes de CO2. Mais au-delà de cet aspect environnemental, la centrale thermo-solaire d’Ain Bni Mathar a eu un véritable impact sur le développement du village, selon ce que révèle la presse spécialisée.

Emploi, infrastructures, agriculture, éducation, …

D’abord au niveau emploi, le projet a permis l’embauche de 500 personnes. Aussi, les activités des petites entreprises locales se sont étendues et les emplois indirects se sont multipliés.

La centrale thermo-solaire d’Ain Bni Mathar a également permis l’amélioration des infrastructures locales. La construction de la route d’accès et des ponts a profité aux habitants qui étaient autrefois privés de route en cas de fortes pluies.
De plus, la construction de trois puits pour l’approvisionnement en eau de la centrale a permis de réguler le système d’irrigation du village. Du coup, les terres locales font de meilleures productions agricoles quantitativement et qualitativement parlant. Ce qui assure des revenus réguliers aux ménages vivant de cette activité.
En outre, les revenus générés par la vente du terrain – qui s’étend sur une superficie de 3 000 hectares- pour la mise en place de la centrale a permis de bâtir quatre écoles et trois routes rurales.

Enfin indique notre source, plusieurs actions sociales ont été menées par l’Onee et l’exploitant de la centrale, l’espagnol Abengoa. Il s’agit entre autres de la construction des forages d’approvisionnement en eau dans les villages de la région, la distribution de 20 000 cartables aux enfants en deux ans, 200 vélos au bénéfice des élèves ainsi que des ordinateurs, imprimantes et du matériel de bureau. Les deux sociétés ont également contribué à la construction de la mosquée du village.

Voilà autant de retombées socio-économiques émanant de la construction de cette centrale. Et la liste n’est pas exhaustive. Selon la Banque africaine de développement (Bad) qui a accompagné le Maroc dans la réalisation de ce projet, sa réussite a résidé -entre autres- dans le sérieux qui lui a été accordé, ainsi que dans la justesse du choix des différents intervenants.
La centrale thermo-solaire d’Ain Bni Mathar reste en tout cas une référence en Afrique en matière d’énergies renouvelables. C’est d’ailleurs ce qui lui a valu en décembre dernier, le prix d’excellence 2014 de la Bad.

Moctar FICOU / VivAfrik

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