COP21- Khaled Igué tire un bilan mitigé pour l’Afrique

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Les rideaux de la conférence de Paris sur le climat sont tombés samedi. Cette cérémonie a été sanctionné par un projet d’accord approuvé par les 195 Nations participantes et vise un seuil de réchauffement de la planète de 1,5°C.

Et  Khaled Igué a profité de cette tribune pour dresser le bilan du continent au sortir de cet événement mondial. Selon lui, il urge de faire un bilan de cette conférence du point de vue de l’Afrique et des nombreuses attentes que les interlocuteurs  du continent africain avaient avant cette grande rencontre. Dans une proposition d’entretien parvenue à vivafrik.com, M. Igué indique que « le bilan est mitigé en ce qui concerne l’Afrique pour une raison simple : Il faudrait qu’au moins 50% du fond vert climat des Nations Unies aille aux projets d’énergies renouvelables en Afrique ». Évoquant les conséquences des changements climatiques, il note : « l’Afrique est le continent le plus impacté par le réchauffement climatique et émet moins de 4% des émissions de gaz à effet de serre ». Suffisant pour lui d’exhorter les leaders africains à miser davantage sur les énergies renouvelables, gage de son développement. « Le contient doit mener une politique énergétique ambitieuse pour son développement économique. De plus si l’Afrique doit mener une politique énergétique décarbonée, il faudrait l’inciter avec un mécanisme de financement à la hauteur des attentes. »

A en croire notre interlocuteur, le continent africain concentre 15% de la population mondiale, mais ne représente que 5,5 % de la demande mondiale en énergie primaire. L’autre fait marquant est que l’Afrique souffre d’une très faible électrification : 46 % des personnes n’ayant pas accès à l’électricité vivent sur ce continent et que seuls 42% des africains ont accès à l’électricité, contre 75% dans les pays développés. Poursuivant son inventaire, Khaled Igué affirme que plus de la moitié des 54 pays africains affichent un taux d’électrification de moins de 20%. Le continent souffre également de fortes disparités : 30 % de la population africaine vit en Afrique du Nord ou en Afrique du Sud, mais ces deux régions représentent à elles seules 80 % de l’énergie consommée par l’ensemble du continent. Alors que l’Afrique du Nord affiche un taux d’électrification de 99%, celui de l’Afrique subsaharienne se limite à un taux de 32%, et seulement 14% en zone rurale. La biomasse représente 80% de l’énergie consommée en Afrique subsaharienne.

Moctar FICOU / VivAfrik