La sècheresse contraint l’Afrique du Sud à importer la moitié de ses besoins en maïs

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Corn field at harvest time

La sécheresse va contraindre l’Afrique du Sud, habituellement exportatrice nette de maïs, à importer des quantités record de cette céréale, base de la nourriture, a renseigné lundi RFI, parcouru par vivafrik.com.

L’Afrique du Sud va devoir importer la moitié de ses besoins en maïs, estime Grain SA, le premier producteur du pays, interrogé par Reuters. La pire sécheresse depuis plus de vingt ans avait déjà réduit la récolte 2015/2016 d’un tiers. Et la prochaine campagne est très mal partie : dans une terre desséchée, impossible de semer depuis le mois de novembre. C’est un désastre, commente le président de Grain SA. On sera heureux avec 5 millions de tonnes de maïs. Il manquera donc la moitié des besoins.

Importer 5 millions de tonnes

L’Afrique du Sud, habituellement exportatrice nette de maïs, va devoir en importer 5 millions de tonnes. Le Brésil a déjà été sollicité, près de 300 000 tonnes de maïs jaune, pour l’alimentation des élevages. Mais, fait exceptionnel, l’Afrique du Sud va également devoir importer des quantités record de maïs blanc, pour la bouillie qui sert encore de base à la nourriture des sud-africains.

Autant les fournisseurs de maïs jaune sont nombreux sur la planète, le Brésil et l’Argentine en tête, la chute de leur monnaie les rendant très compétitifs, autant les fournisseurs de maïs blanc sont rares : les mexicains mangent presque toute leur production ; la Zambie et le Malawi voisins sont, comme l’Afrique du Sud, frappés par la sécheresse, et donc en état de pénurie.

Le défi logistique

L’autre défi concernera les infrastructures portuaires sud-africaines : comment importer 5 millions de tonnes de maïs, quasiment sept à huit fois plus que l’an dernier, en supplément des commandes faites par le Zimbabwe qui doivent passer par les ports sud-africains, s’il n’y a pas les élévateurs et les silos nécessaires ? Désormais tous les pays d’Afrique australe, y compris les plus réticents jusqu’à présent, commencent à s’intéresser au maïs OGM résistant à la sécheresse.

Moctar FICOU / VivAfrik