La Zambie sera-t-elle en mesure de fournir de la farine de maïs à la RDC ?

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La sécheresse qui sévie en Afrique a eu un impact négatif sur les productions agricoles du continent noir entrainant du coup une flambée des prix de certaines céréales comme le maïs. La République Démocratique du Congo, durement frappée par une envolée spectaculaire de cette denrée, a envoyé une délégation  gouvernementale à Lusaka afin d’essayer de résoudre le problème de l’approvisionnement de l’ex-région du Katanga qui, depuis des années, importe la farine de maïs de la Zambie.

afrik.com qui a eu vent de cette flambée révèle que les autorités congolaises – le président Joseph Kabila et son gouvernement en tête – ont tenté de réagir face à la gravité de la situation en se rendant, cette semaine, à Lubumbashi pour trouver une solution. A contretemps sans doute, car faute d’avoir fait preuve du même sens de la prévision que les autres pays de la sous-région, qui sont confrontés au même problème, les autorités congolaises paraissent démunies face à la situation, sauf à recourir à de coûteuses solutions. Déjà, nombreux sont ceux, à Lubumbashi, comme ailleurs dans l’ex-Katanga, à regretter l’époque du dernier gouverneur de la province, Moïse Katumbi, qui avait mis en place une série de politiques pour prévenir ce genre de déconvenues… malheureusement prévisibles.      

rfi.fr qui a confirmé cette information, indique qu’en février dernier, le sac de maïs importé de la Zambie était vendu entre 9 000 et 10 000 francs congolais (environ 9 euros), mais début mars, le prix s’est mis à augmenter. Il y a moins d’une semaine, il a même triplé. Principale raison de cette flambée, l’interdiction par les autorités zambiennes de l’exportation de la farine de maïs vers des pays étrangers parmi lesquels la RDC et le Malawi. Des mesures préventives pour faire face à la sécheresse qui touche déjà la Zambie.

Pour contourner cette disposition, relate rfi.fr, les commerçants zambiens et congolais ont versé dans la fraude pour acheminer la farine à Lubumbashi. Cela expliquerait donc la flambée des prix sur le marché du Katanga. Pour l’instant, c’est une solution intermédiaire qui a été trouvée : le gouvernement de Kinshasa a sensibilisé des hommes d’affaires locaux pour acheminer vers les villes le maïs produit dans la partie nord de l’ex-province du Katanga. Cette campagne semble apporter des fruits : le prix est revenu à la normale. Mais pour combien de temps ? La production locale étant jugée insuffisante, le gouvernement congolais lorgne toujours vers les pays de l’Afrique australe, notamment la Zambie et l’Afrique du Sud.

Moctar FICOU / VivAfrik

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