Ali Haïdar crache sur la journée mondiale de l’environnement

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L’ancien ministre Ali Haïdar n’a pas célébré la journée mondiale de l’environnement. Une manière pour lui de protester contre les agressions abusives et répétitives dont sont victimes les forêts sénégalaises sous le regard passif des autorités. En d’autres termes, cet évènement qui s’est déroulé ce 5 juin, constitue selon lui, une mascarade et de la théâtralisation.

Avant de célébrer l’environnement, les autorités sénégalaises gagneraient à rectifier le tir. C’est l’avis de Ali Haïdar qui pense que les forêts sénégalais sont agressés de toute part : «L’environnement subit des agressions sans que des mesures draconiennes ne soient prises pour éradiquer ce phénomène, dont les conséquences néfastes sont incommensurables», se plaint l’ancien ministre de l’Environnement dans les colonnes de pressafrik.com. Et de poursuivre : «L’environnement, c’est au quotidien, c’est le geste de tous les jours. Mais, j’ai l’impression que les autorités étatiques ne s’intéressent pas à notre cadre de vie. Notre forêt est quotidiennement dégradée. Des milliers de tonnes de bois en sortent chaque mois pour être acheminés vers la Gambie. Des Chinois basés en Gambie pillent nos ressources forestières au profit de leur pays, sans que les autorités n’en parlent. Les filets mono filaments qui sont formellement interdits par la loi, sont toujours utilisés par les pêcheurs. A cela se greffent les sachets plastiques qu’utilisent les commerçants dans les boutiques et sur les marchés», dénonce-t-il. Et c’est ce pillage qu’on doit endiguer par la conscientisation des populations. Ce qui ne doit pas se limiter en une seule journée : «On ne peut pas me parler de la protection de l’environnement au Sénégal, car les Sénégalais ne s’en occupent pas. On doit tous les jours s’occuper de l’environnement ; et non seulement un seul jour sur 365 pour penser à notre cadre de vie. C’est la limite de la fumisterie », fulmine-t-il. Avant de donner des pistes pour changer la donne : «Les collectivités locales ont un rôle très important à jouer dans la protection de l’environnement. Elles doivent refuser dans leurs circonscriptions respectives. Car ce sont elles qui en subissent les conséquences. Elles doivent mettre les garde-fous pour décourager les exploitants clandestins».

Moctar FICOU / VivAfrik