L’agriculture africaine priée à relever le défi des pertes post-récoltes

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Et si la solution pour booster l’agriculture était de réduire les pertes post-récoltes plutôt que d’augmenter les rendements ? C’est là la position défendue par Edward George, qui dirige le groupe de recherche de la banque panafricaine Ecobank.

Selon l’expert, alors que 50% de la récolte africaine se perd entre le champ et la cuisine, des améliorations dans la gestion de la chaîne d’approvisionnement pourraient booster significativement les résultats de l’agriculture africaine. « L’effort principal doit être axé sur la réduction des pertes. Avec un investissement dans un meilleur stockage, les rendements seront accrus. En Ethiopie par exemple, 15 à 20% du café se perd. Cela représente des millions de dollars de pertes » a-t-il confié à nos confrères d’agenceecofin.com. Et de souligner l’impact d’une chaîne d’approvisionnement non-sécurisée sur les investisseurs qui tendent à ne pas se risquer dans l’agrobusiness en Afrique pour cette raison. « Le problème est que la chaîne d’approvisionnement est disjointe et qu’il y a peu d’infrastructures de commercialisation, ce qui donne un secteur plutôt fragmenté. Ceci fait le jeu des intermédiaires qui profitent des petits producteurs », a poursuivi Edward George.

Pour l’expert, ce que l’Ethiopia Commodity Exchange parvient à réaliser prouve néanmoins que des changements sont possibles. Depuis son lancement en 2008, la plateforme où se négocient entre autres du café et des céréales voit, en effet, transiter 60% du café commercialisé par le pays. Le facteur déterminant du succès de cette bourse réside dans la création d’un réseau d’entrepôts à travers le pays. Ceci permet aux producteurs de stocker et de commercialiser directement leur production sans passer par les intermédiaires. « Résultat : les bénéfices de ces producteurs ont augmenté de 60% et beaucoup d’intermédiaires se sont retirés du business », affirme-t-il.

Moctar FICOU / VivAfrik

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