A la COP22, Papa Walil Guèye soutient que la grande muraille verte est une solution continentale au changement climatique

0

La Grande muraille verte, qui devrait relier Dakar à Djibouti par une bande verte, constitue une solution continentale aux aléas climatiques, a déclaré mardi à Marrakech (Maroc) le directeur général de l’Agence nationale en charge de ce projet, colonel Papa Walil Guèye, apprend-on de l’envoyée spéciale de l’APS à Marrakech.

Le projet concerne des régions climatiques africaines différentes, ainsi que des peuples différents mais qui sont unis par et pour un seul objectif, a-t-il expliqué. Il souligne qu’il s’agit de dresser une barrière non seulement pour lutter contre les effets néfastes du climat, mais aussi pour valoriser les potentialités des zones arides. « Il existe dans les zones arides des potentialités qui jusqu’ici n’ont pas été exploitées. La Grande muraille verte est une opportunité de développement continental qui est en train de prendre forme depuis 2008 », a expliqué le colonel Guèye mardi, en présentant son agence à la presse. Pour lui, la Grande muraille verte est un modèle venant du Sénégal qui a très tôt pris les devants avec la création de l’Agence en 2010. « Nous avons réalisé beaucoup de choses depuis cette période. Nous sommes sur un segment national de 545 kilomètres ; 175 kilomètres ont été réalisés, soit 32% de l’objectif national », a indiqué Papa Walil Guèye. Aujourd’hui, a-t- il souligné, en termes de résultats, les impacts sont très visibles. « Nous avons contribué à améliorer et à changer le niveau de vie des populations qui quittaient les zones arides […] », s’est-il réjoui. Dans le même temps, cela a permis aux femmes de changer d’activités, pour devenir des agricultrices. « Elles travaillent dans des jardins, que nous installons en plein désert », déclare-t-elle, citant l’exemple des femmes habitant le long du tracé de la Grande muraille verte. « Ce sont des choses palpables car, sur le terrain, la tradition alimentaire a changé », indique-t-il

Parlant de la COP 22, il a déclaré que les pays en développement doivent être soutenus, car ce projet de « grande envergure » nécessite des moyens. « L’année dernière, au sortir de Paris, il a été décidé de mette le focus sur l’identification de la Grande muraille verte, le lac Tchad et les énergies renouvelables. Le Sénégal est très en avance […] », s’est félicité le directeur général. Pour lui, la Grande Muraille verte est un projet mondial. Si l’Afrique crée une bande verte qui réduit la séquestration de carbone, c’est l’humanité entière qui va en profiter, estime-t-il. « Il faudrait qu’au-delà des Etats, que les partenaires techniques internationaux puissent mettre des financements à la disposition de la Grande muraille verte », a-t-il prôné. Par ailleurs, il a salué l’appui de l’Union européenne qui a manifesté sa volonté d’aider les Etats membres avec de grands projets, notamment l’action contre la désertification et sur le « front local environnemental pour une union verte ».

Moctar FICOU / VivAfrik

Laisser un commentaire