El hadji Salif Diop s’inquiète de l’accélération du réchauffement climatique

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Le Professeur El hadji Salif Diop, membre de l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal (Ansts) par ailleurs spécialiste des ressources en eaux, a du mal à cacher, dans une interview accordée à vivafrik.com, ses inquiétudes quant au réchauffement climatique qui s’accélère de plus en plus. M. Diop qui s’exprimait lors de la séance académique de l’Ansts qui a pour  thème : «l’accord mondiale de la COP21 de Paris dans le cadre de la réalisation des Objectifs du développement durable des Nations unies» a également livré quelques solutions de luttes contre le réchauffement de la planète.

Vous venez de présenter une étude sur le climat sans cacher vos inquiétudes : est-ce que on peut avoir une idée plus claire sur votre exposé?        

Les mesures que je vous ai présenté montre qu’il y a un accroissement très clair, ce n’est pas de un  degré ni de 0,85 degré depuis 100 ans. Ces mesures ont été relevées de manière régulière et sont soit issues du sol soit issues des satellites. La base de tout ce qu’on a obtenu comme taux d’augmentation de la température mais aussi des  gaz à effet de serf est de sceller les accords. Ainsi, l’opportunité qui se présente sera de trouver des solutions qui permettront de freiner les aléas climatiques. Comment faire pour atténuer ces gaz à effet de serf ? Comment faire pour nous adapter à ces changements, telles sont les questions qu’il faut rapidement trouver des réponses. Car il n’y a pas un lien direct avec les impacts sur le littoral mais une amplification du phénomène à chaque fois qu’il y a une augmentation de quelque millimètre. Lorsque vous avez des phénomènes extrêmes de température, le phénomène s’amplifie. Vous avez une destruction de l’environnement qui est catastrophique. Il faut dans ce sens éviter d’occuper le littoral. Il y a une loi sur le littoral qui est qui est sur le point d’être adoptée. Mais il faut aller au-delà afin d’avoir l’opportunité de travailler sur les biodiversités pour réduire  la disparition de ce qui constitue la base de nos forêts.  S’investir dans l’économie de l’eau et travailler sur la gestion durable des déchets qui polluent nos villes sont des solutions urgentes. Pour y parvenir, il faut des moyens et procéder à l’éducation des populations. Je rappelle que l’appel de la main d’œuvre étrangère nous fait perdre des milliards.

On regrette l’absence des scientifiques lors de la COP21 à Paris. Y a-t-il espoir pour leur participation à la COP22 au Maroc ?

Le Maroc est très bien parti dans l’organisation de la COP22. A la différence de la COP21, une déclaration des scientifiques est attendue à la conférence de Marrakech. C’est bien que cela se traduise en Afrique par une pro activité de ces organisateurs auprès de la communauté scientifique et je pense ces efforts sont à pérenniser. Il ne faut pas que l’on considère cette lutte comme une lutte de trois semaines. Ces négociations doivent se prolonger dans le temps. Sur ce point, une union sacrée des pays africains est irréversibles afin de mettre les atouts de leurs côtés. Le Maroc a aujourd’hui une certaine crédibilité pour tout ce qui concerne le solaire. Vous avez vu toutes ces centrales qu’il a construites. Le Sénégal doit s’inspirer de ce modèle marocain et éviter de faire appel à l’expertise internationale. Les pays africains devront aussi tout faire pour endiguer l’exportation de leurs devises. Telles sont des initiatives à encourager sans occulter le suivi dans les domaines de l’eau,  de la forêt et des océans qui génèrent de l’énergie. D’où l’idée de faire appel aux scientifiques et aux gens bien formés pour une bonne maîtrise des technologies.

Croyez-vous à un accord sur l’atténuation de la température au lendemain de la COP22 ?

Je reste dubitatif mais nous sommes beaucoup plus positifs qu’on ne l’était avant surtout à la  suite  des engagements pris à la COP21. Récemment, avec ce qui s’est passé à Kigali où les Etats ce sont accordés à lutter contre les gaz HFC l’espoir est permis. Nous osons espérer que le réchauffement climatique qui affecte notre planète peut être atténué.  Ces combats sont positifs et il faut les encourager. Ce qu’il faut maintenant c’est pousser le privé à mieux investir dans ces domaines et je crois que c’est en ce sens que demain nous pourrons avoir une planète où il fera bon vivre.

Moctar FICOU / VivAfrik

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