Le mirage du Barrage du Grand Inga reste inchangé

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La République Démocratique du Congo rêve depuis des décennies de construire le plus grand barrage du monde. Le financement des études préliminaires, accordé en 2014 par la Banque mondiale, avait redonné espoir quant à sa construction. Son retrait alimente à nouveau les doutes sur le bien-fondé de réaliser ce gigantesque investissement dans un pays toujours aussi instable, a relayé energies-renouvelables-afrique.com.

Le barrage du Grand Inga fera-t-il la fierté de l’Afrique à l’heure où celle-ci proclame qu’elle sera le premier continent à bâtir son développement sur des énergies propres ? Ou ira-t-il rejoindre la longue liste des « éléphants blancs » qui jalonnent l’histoire du développement africain de ces dernières décennies ? Le fait que le plus grand ouvrage hydroélectrique du monde – deux fois la puissance du barrage chinois des Trois-Gorges – doive sortir de terre en République Démocratique du Congo ne facilite pas l’affaire. Classé 48ème sur 54 au palmarès de la bonne gouvernance en Afrique publié par la Fondation Mo Ibrahim et 184ème sur 189 dans le classement Doing business de la Banque mondiale, le pays traîne depuis longtemps sa mauvaise réputation d’être peu regardant sur les frontières entre les caisses de l’État et les comptes personnels de ses dirigeants. Le coup de semonce adressé cet été par l’institution financière internationale au président Joseph Kabila est crûment venu rappeler cette réalité. Dans son bref communiqué du 25 juillet, la Banque mondiale annonce qu’elle suspend le financement des études techniques, tout comme celui des évaluations de l’impact social et environnemental de la première phase du projet baptisée Inga 3. « Cette décision a été prise à la suite du choix du gouvernement de la RDC d’orienter le projet dans une direction différente de ce qui avait été convenu en 2014 », peut-on lire dans le texte, qui rappelle qu’un don de 73,1 millions de dollars (67 millions d’euros) avait alors été accordé par l’Association internationale de développement, la filiale chargée d’accompagner les pays les plus pauvres.

Moctar FICOU / VivAfrik

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