Le portable est aujourd’hui plus accessible que l’eau potable

0

Une infographie de l’Unicef dévoile que la part de population dans le monde ayant un téléphone portable est plus importante que celle ayant accès à une source d’eau potable. Faut-il s’inquiéter ?, s’interroge-t-on dans grazia.fr.

Avoir un téléphone portable mais toujours pas d’accès à de l’eau potable, voilà le contraste aberrant qu’on peut retrouver dans certains pays du tiers-monde. À tel point qu’en 2015, l’accès à une source d’eau potable est désormais moins important que l’accès à un téléphone portable. C’est ce que démontrait ce dimanche 9 janvier, Le Point sur son compte Twitter, avec à l’appui une infographie s’appuyant sur des chiffres de l’Unicef (Fonds international des Nations unies pour l’enfance) et de la Banque mondiale. Ce qui est plus étonnant encore, c’est qu’en 17 ans, l’accès au téléphone portable pour la population mondiale est passé de 0,2 % à 98,6 % alors que l’accès à l’eau – pourtant vital -, a évolué bien moins vite, passant de 76,1 % à 91 %. Les téléphones portables seraient-ils devenus plus important que l’accès à la santé et à l’eau potable ? C’est ce qu’en tout cas, nous laisse penser cet écart de presque 8%.
C’est dans les pays du tiers monde – et notamment en Afrique – que la différence se fait cruellement sentir. En 2013, 93 % des africains avaient accès à la téléphonie mobile, 59 % à avoir l’eau courante et 28 % avaient leur habitation reliée à un système d’épuration des eaux, selon l’Afrobaromètre 2014. Dans certains pays, le soda Coca-Cola est même vendu moins cher que l’eau potable. Et ses effets sur la santé sont beaucoup plus néfastes. Résultat des courses, l’eau potable – essentielle pour être en bonne santé – reste une denrée rare.

Matt Damon l’affirmait même il y a deux ans : « De nos jours, certains ont davantage accès à un téléphone portable qu’à un verre d’eau potable ». Cela n’a toujours pas changé. Pour essayer de trouver des solutions, le 14 janvier, Libération organisera même « Quand l’eau révèle le monde », une journée de débats au siège de la rédaction autour de « La géopolitique de l’eau ». Beaucoup d’efforts restent à faire, l’infographie parle d’elle-même.

Moctar FICOU / VivAfrik

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here