« La résilience c’est notre aptitude à anticiper les problèmes, l’érosion marine, à gérer les déchets … », selon Khalifa Ababacar Sall

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Le maire de la ville de ville de Dakar a levé quelques équivoques autour de la notion de la résilience lors de la cérémonie de publication de la Stratégie de résilience de la ville de Dakar initiée par la fondation Rockefeller qui, depuis 4 ans, avec les villes du monde a décidé de lancer l’initiative 100 villes résiliantes. Occasion saisit par Khalifa Ababacar Sall pour indiquer que la ville de Dakar et celle de Durban qui sont les premières villes africaines à être choisies parmi les 35 premières tout en déplorant le fait que la capitale sénégalaise a perdu sa verdure.

«Initiative de la fondation Rockefeller qui depuis 4 ans avec les villes du monde a décidé de lancer l’initiative 100 villes résiliantes. Ce fut un challenger pour ceux qui gèrent les collectivités locales à échanger avec leur population sur ce que sera leur avenir dans un contexte où le monde globalisé est éprouvé par des péripéties, des drames, et différentes épreuves qui interpellent notre capacité à les apprécier, à les anticiper souvent, à y résister en fin et pour pouvoir continuer à vivre durablement dans des cadres et des conditions qui évoluent très vites », a dit à qui veut l’entendre l’édile de Dakar. A l’en croire, accompagner les collectivités locales du monde à intégrer dans leur gouvernance cette capacité à prendre en charge de manière plus durable leur cadre de vie, leur condition de vie et à doter leur population des moyens à être résiliante se présente comme un défi à relever. « La ville de Dakar et celle de Durban sont les premières villes africaines à être choisies parmi les 35 premières villes », a ajouté M. Sall. De l’avis du maire de la capitale sénégalaise, la ville de Dakar et la région du Cap vert sont une presqu’île. Une ville bordée au nord par le désert et tout le reste par l’océan. « Donc deux voisins qui impactent significativement sur les conditions et le cadre de vie de nos populations. Si les volcans qui existaient dans la région du Cap vert sont désormais éteints, l’océan, les vents du désert, l’exploitation de nos ressources halieutiques, le cadre de pays tropical sec, sont autant de conditions qui nous interpellent parce que déterminant dans notre vécu quotidien », se désole-t-il. Ajoutant que les sénégalais et les dakarois ne sont pas des fatalistes. C’est des femmes et des hommes qui ont été habitués à faire face et à s’assumer.

Confiant du succès de cette initiative, Khalifa Ababacar Sall renseigne que son équipe est aujourd’hui engager dans la mise en œuvre de ce qui a été identifié comme urgence, priorité, axes de mobilisation et d’organisation pour que Dakar puisse être doté de moyens à faire face à ce milieu dans lequel les dakarois évoluent et qui peut parfois être hostile. « La résilience, ce n’est pas, aux yeux de Khalifa Sall, notre capacité à résister parce que ce que nous vivons nous les connaissons mais c’est surtout notre aptitude à anticiper les problèmes, l’érosion marine, à gérer les conséquences des inondations, à gérer les déchets, à construire une citoyenneté et une réactivité citoyenne que nous doterons Dakar des moyens d’être résilient. Résister c’est à la fin du processus par contre anticiper permet après avoir identifié les problèmes d’en trouver les solutions capable de nous prémunir des conséquences de ces phénomènes ». Poursuivant son allocution, l’édile de Dakar se désole du fait que « nous sommes dans une zone volcanique. Quand vous voyez l’établissement humain dans cette ville, on est tous inquiet. C’est une ville où il n’y plus de verdure, de zone non aedificandi respectée. C’est une ville où on se met partout et n’importe comment », regrette le maire de Dakar. « Est-ce que nous nous préparons à laisser aux générations futures  un cadre de vie propice à une vie prospère ? », s’interroge-t-il avant d’ajouter qu’« il n’y a pas de poumon vert  à Dakar. Mêmes les zones élevées telles que les mamelles sont en train d’être habitée. Il n’y a plus de côtes, les dakarois n’ont plus accès à leur plage, ils ne la voient même plus. Comment pouvons-nous construire une résilience dans ce cadre ? », se plaint M. Sall qui invite ses compatriotes à ne pas baisser les bras. « C’est une interpellation collective où chacun de nous est concerné. Ces interpellations fondent la stratégie que nous proposons, Comment rendre Dakar plus vivable ? Comment rendre les dakarois plus conscients des risques, des dangers qui les guettent ? Comment faire en sorte qu’ils protègent mieux leur milieu ? Comment faire en sorte que leurs conditions de vie sur lesquelles ils impactent et ils ont prises, soient capables de leur permettre de vivre longtemps, mieux et durablement ? », conclut l’édile de la capitale du Sénégal.

Moctar FICOU / VivAfrik

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