La Presqu’île de Dakar (Sénégal) sous le diktat de la pollution

0

La pollution de l’environnement, un enjeu de santé publique, n’épargne ni le secteur de la pêche ni celui touristique au Sénégal. C’est ce que révèle l’étude intitulée Awatox qui fait l’état des lieux de la pollution marine dans la presqu’île de Dakar et publiée le 21 novembre 2017.

Selon cette étude qui estime que l’environnement est en péril à cause des bouteilles en plastique, des sacs, des pneus, les égouts du quartier de Ngor à Dakar sont un concentré de pollution ménagère et industrielle. Greenpeace estime que la pollution serait sur certaines zones du littoral, 350 fois au-dessus des normes européennes.

Le canal de Ngor, long d’une trentaine de kilomètres traverse plusieurs quartiers de la capitale dont celui de Makhtar, le quartier de Hann. « Regardez-moi tout ça. Cela n’est pas hygiénique… », s’indigne Makhtar Diakhité, un habitant désabusé. Qui se souvient qu’il y 40 ans, ce site était un petit paradis balnéaire et transformé aujourd’hui à une décharge à ciel ouvert parce qu’il n’y a qu’une seule station d’épuration à Dakar. A l’en croire, cette pollution est le quotidien des habitants du quartier qui attendent en vain, depuis une décennie,  les sept nouvelles stations de pompage promises par les autorités. Makhtar Diakhaté, y croit de moins en moins : « On attend le projet pour la dépollution de la baie de Hann, mais jusqu’à présent, ça n’existe pas. On nous a fait beaucoup de promesses, vraiment nous sommes désolés », affirme-t-il.

Pour sa part, Amidou Sonko, ingénieur en pollution marine et membre du projet environnemental Awatox, muni de sa machine embarquée vient mesurer le taux de métaux lourds dans la baie de Ouakam. Il condamne par cette occasion l’insouciance des baigneurs de cette plage. « Les gens ne connaissent pas beaucoup la pollution. Pour eux, la mer c’est OK. Venir se baigner pour eux c’est des bénédictions ! » Et l’expert en pollution marine, d’ajouter : C’est un peu dangereux parce qu’ils ne connaissent pas ce qu’il se passe ici ». Cet état de fait affecte aussi l’avenir de la pêche. Nostalgique d’une époque désormais révolue caractérisée par un environnement saint, Mamadou Sarr, marin-pêcheur se confie « « Avant à moins de 50m on pouvait avoir des thiofs, des badèches, tout ce qui est poisson noble, de toutes variétés, » nous dit-il. « Maintenant avec la pollution si tu as un masque et que tu plonges au fond, à une dizaine de mètres du bord, tu vas voir que les rochers sont tapissés d’une sorte de graisse… ».

Moctar FICOU / VivAfrik

Laisser un commentaire