L’Afrique, berceau de l’écologie

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Des adeptes vaudous participent aux cérémonies honorant l’esprit vaudou haïtien du baron Samdi et de Gédé lors de la journée des morts au cimetière de Cité Soleil, à Port-au-Prince, en Haïti, le 1er novembre. HECTOR RETAMAL / AFP

Contrairement à la cosmologie occidentale moderne, qui a transformé la nature en ressources et en matière inerte à disposition des humains, les cosmologies ­africaines définissent la nature en un ensemble vivant, dynamique et ouvert.

Etre une philosophe nomade. Pratiquer la pensée comme errance. Refuser de marcher sur un chemin tracé d’avance, prête à accueillir la rencontre dans ce qu’elle a de plus inattendu, lorsqu’elle nous dépouille de ce que nous sommes pour nous révéler à nous-mêmes. Advenir à soi par la ­médiation de l’autre. Comprendre enfin que penser avec les philosophes africains, c’est se penser.

Terre berceau de l’humanité, l’Afrique n’est pas – et n’a ­jamais été – ce monde à part et hors de l’histoire qu’ont fantasmé nombre de discours philosophiques, anthropologiques et politiques européens. Se pencher sur les problématiques environnementales à l’heure de l’anthropocène, ou du « capitalocène », ne peut se faire sans prendre en considération les conséquences écologiques, sanitaires, sociales, politiques… désastreuses d’un système économique mondialisé pour une région qui abritera 40 % de l’humanité en 2100.

Quatre-vingts pour cent des réserves mondiales de coltan sont situées en République démocratique du Congo, où l’extraction de ce minerai stratégique pour la fabrication des smartphones pollue les eaux et les sols. Le continent qui contribue le moins à l’effet de serre paie un lourd tribut à des dérèglements causés par les pays les plus ­riches. Or l’Afrique pourrait nous sauver de nous-mêmes, si tant est que nous le désirions.

Depuis la modernité, nous nous sommes enfermés dans une raison technicienne qui a voulu « nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature » (René Descartes, Discours de la méthode, 1637), à un point tel que la colonisation s’est justifiée juridiquement par la « mise en valeur » de terres jugées insuffisamment exploitées par les populations locales. De cette époque date l’opposition entre nature et culture. Une spécificité occidentale.

Intimement liés au Soleil, à la Lune et aux étoiles
Or s’engager contre le réchauffement climatique, l’effondrement de la biodiversité ou la destruction…

Lire sur lemonde.fr | Par Séverine Kodjo-Grandvaux (philosophe)

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