La jeunesse africaine au chevet de leur continent

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En visite en Afrique de l’Ouest dans le cadre de la promotion de l’entreprenariat social, deux étudiants français ont rencontré des jeunes hommes et jeunes femmes noirs décidés à réinventer leur continent. Suffisant pour Maxime Delacourt et Simon Chaillou de réaliser une vidéo de 22 minutes afin de mettre en exergue le bilan positif de 12 entrepreneurs sociaux sénégalais, burkinabés et béninois.

Le premier jeune rencontré par les étudiants propose de venir en aide aux petits paysans tandis que la seconde s’est lancée dans le recyclage de pneus de voitures et le troisième s’active dans le développement des systèmes pour assainir l’eau, accessibles au plus démunis. Ces entrepreneurs « partagent un même objectif et une même philosophie, celle d’améliorer la qualité de vie de leurs concitoyens par la création d’entreprises responsables ». Car en Afrique de l’Ouest, ils sont nombreux à vouloir changer leur monde et participer à un développement intelligent de leur pays.

Faisant fi aux barrières sociales et financières, ces jeunes interviennent dans un contexte social difficile représentant bien souvent un véritable obstacle à leur projet. Même s’ils reconnaissent que  les idées ne manquent pas, ils s’accordent néanmoins sur le fait que leurs moyens sont limités. Au niveau familial même, « le choix de l’entrepreneuriat représente une prise de risque souvent mal perçue » en Afrique, alors que « les parents attendent de leurs enfants qu’ils apportent une aide financière pour la famille ». En outre, la précarité familiale place déjà l’individu dans une situation où réaliser une idée ou un projet semble impossible. De surcroît, l’accès au financement est une seconde barrière difficile à franchir. Maxime et Simon ont ainsi observé que « les banques présentent des taux d’emprunt qui sont ceux de l’usure, que les aides des États ne sont pas légions et que le crowdfunding ne donne pas encore de résultats pleinement suffisants ».

Malgré ces barrières hostiles à la mise en place des projets, certains jeunes refusent de croiser les bras et redoublent d’ingéniosité pour trouver des solutions. De l’avis des étudiants français, l’exemple le plus patent est celui de Yaye Souadou Fall, entrepreneuse sénégalaise de 23 ans à la tête d’un projet employant 8 personnes et spécialisée dans le recyclage des pneus usés et polluants en carreaux de revêtements de sols. Il ne s’agit donc pas simplement d’une quelconque recherche de profit commercial, mais de trouver une utilité concrète à la communauté. Pour débuter son projet, elle a multiplié les candidatures aux appels à projet, n’a pas hésité à travailler en parallèle pour se financer et a surtout fait preuve d’ « une détermination sans faille et d’un dévouement total ».

La recherche de solutions locales contre le changement climatique et le chômage sont aussi des domaines de prédilections de ces « nouveaux types d’africains ». Ils veulent répondre à l’échelle locale à certaines des problématiques les plus urgentes qui se posent au continent, alors que les gouvernements du monde entier mettent du temps à réagir. Selon les deux étudiants, « à l’heure où les Etats peinent à relever les défis que l’Afrique de l’ouest connaît (agriculture, énergie, développement durable, santé, eau et assainissement, …), une poignée d’hommes et de femmes créent des entreprises avec un état d’esprit bien particulier. Leur principal objectif : résoudre les problèmes auxquels sont confrontés leur communauté et améliorer leur qualité de vie par la création d’entreprises responsables et économiquement viables ». C’est ce qui fait dire à Mathieu Aly Faye, jeune entrepreneur sénégalais dans l’agro-écologie, qu’ils adoptent tous une démarche résolument positive qui peut également permettre de changer les regards autour d’eux et encourager d’autres personnes à les suivre et à les imiter.

Moctar FICOU / VivAfrik

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