Le Sénégal et la Mauritanie appelés à considérer la pêche comme une priorité

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L’ONG internationale de défense de l’environnement, Greenpeace a invité les chefs d’États du Sénégal et de la Mauritanie à « considérer comme priorité la gestion régionale de la pêche en Afrique de l’Ouest » à l’occasion de leur tête-à-tête à Nouakchott. Le président Macky Sall est arrivé le jeudi 8 février 2018 en Mauritanie  pour une visite de deux jours qui intervient après une manifestation organisée le 29 janvier de la même année par des populations de Saint-Louis pour protester contre la mort de Serigne Fallou Sall, âgé de 19 ans, tué par balle par des garde-côtes mauritaniens, alors qu’il pêchait dans les eaux mauritaniennes le 27 janvier dernier.

L’ONG de défense de l’environnement rappelle, dans un communiqué que, depuis plus d’une décennie, elle « dénonce, aux côtés d’autres organisations, la surexploitation des ressources halieutiques dans les eaux ouest-africaines et les conséquences néfastes sur les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et l’emploi de millions de personnes dans cette région ». Et le texte de poursuivre : « des avancées sont possibles mais ne peuvent passer que par une coopération renforcée des pays d’Afrique de l’Ouest et par l’harmonisation de leurs politiques et réglementations des pêches ». D’après le Dr Ibrahima Cissé, responsable de la campagne océans pour Greenpeace Afrique qui cite le communiqué, « en Afrique de l’Ouest, les deux tiers des stocks de poissons sont partagés entre plusieurs pays. Il est donc indispensable et vital que les états côtiers qui souffrent de la surpêche et la pêche illégale, conjuguent leurs efforts pour mettre un terme à ces maux qui gangrènent le secteur de la pêche ». Selon lui, aujourd’hui, « la mise en place d’un organe régional ou le renforcement des institutions existantes avec mandat de gestion de ces ressources, devrait être une priorité pour les chefs d’Etats de la sous-région ».

 « La Mauritanie et le Sénégal qui occupent des places stratégiques dans cette sous-région devrait jouer un rôle important dans la mise en place de cet organe et encourager les autres pays membres à gérer communément cette richesse partagée », invite-t-il. « Les populations mauritaniennes et sénégalaises ont les mêmes préoccupations et les dirigeants ne devraient pas attendre des incidents extrêmes comme la mort du jeune pêcheur sénégalais (que VivAfrik déplore par ma plume) pour trouver une solution conjointe et durable à la gestion de la pêche en Afrique de l’Ouest », a conclu le Dr Cissé.

Moctar FICOU / VivAfrik

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