Pêche : le Sénégal et la Mauritanie signeront un Protocole d’accord d’ici fin mars 2018

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Le chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall est arrivé à Nouakchott, dans la capitale mauritanienne le jeudi 8 février 2018 pour une visite de deux jours à l’invitation de son homologue, Mohamed Ould Abdelaziz. Se penchant sur le dossier brûlant de la pêche qui envenime les relations entre le Sénégal et la Mauritanie, les deux chefs d’État ont affirmé leur volonté de signer un protocole d’accord « d’ici fin mars 2018 » non sans évoquer l’éventualité de la mise en place de patrouilles communes de surveillance de la frontière.

Les présidents sénégalais mauritanien, « ont abordé la question liée aux conditions d’exploitation des ressources halieutiques et ont donné des instructions aux ministres en charge de la Pêche et de l’Économie maritime à l’effet de prendre toutes les mesures nécessaires au renforcement de la coopération dans ce domaine, en vue de la signature d’un Protocole d’Accord entre les deux pays d’ici fin mars 2018 », lit-on dans le communiqué final signé des deux ministres des Affaires étrangères des pays cités à l’issue de la rencontre de ce 9 février 2018, entre Macky Sall et Mohammed Ould Abdelaziz. La visite du président de la République sénégalais en terre mauritanienne fait suite à la mort du jeune pêcheur sénégalais Serigne Fallou Sall, âgé de 19 ans et tué samedi 27 janvier 2018 par des garde-côtes mauritaniens. Un événement malheureux qui a jeté une lumière crue sur la tension qui règne entre les deux pays dans la gestion des activités de pêche. Ces dernières années, les nouvelles de pêcheurs tués et d’arraisonnements d’embarcations, en majorité originaires du célèbre port traditionnel Guet Ndar à Saint-Louis, dans le nord-ouest du Sénégal, émaillent régulièrement l’actualité.

A l’origine du refroidissement des relations entre les deux Etats, le non-renouvellement, en 2016, faute d’un nouveau protocole d’entente, de l’accord de pêche conclu entre Dakar et Nouakchott en 2001, et réglementant l’activité des pêcheurs guet ndariens en Mauritanie. Les deux rounds de négociations qui se sont tenus dans les deux capitales en février et mars 2016, n’ont pas pu lever les points de blocage. En outre, les négociations d’autant plus difficiles que le nouveau code des pêches mauritanien, promulgué en 2015, a durci les conditions d’exercice de la pêche par les étrangers dans le pays. Il exige désormais le débarquement obligatoire sur place des prises réalisées par les pêcheurs étrangers avant toute exportation. Une mesure qui s’est vue opposer un refus catégorique des pêcheurs saint-louisiens, qui perdent par conséquent leur quota annuel de 50 000 tonnes de poissons, accordé en vertu de l’accord entre les deux gouvernements.

Moctar FICOU / VivAfrik

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