Un accord d’exploitation de gaz signé entre le Sénégal et la Mauritanie

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Le Sénégal et la Mauritanie ont signé vendredi 9 février 2018 un accord de coopération intergouvernemental (Aci) visant l’exploitation du gisement de Grand Tortue Ahmeyin (Gta). Situé à 5 200 mètres de profondeur, ce champ gazier représente une manne économique importante pour les deux pays. Selon les deux parties, dans un communiqué conjoint, cet accord est le fruit d’une « volonté commune d’intensifier la coopération dans le secteur de l’énergie ». Le chef de l’Etat sénégalais, arrivé à Nouakchott le jeudi 8 février de l’année en cours, effectue une visite officielle de deux jours en compagnie de quatre de ses ministres en Mauritanie.

Le Grand Tortue Ahmeyin se trouve à environ 125 kilomètres au large de la ville de Saint-Louis ancienne capitale du Sénégal et de Afrique occidentale française (Aof), à cheval sur la frontière maritime sénégalo-mauritanienne. Considéré comme l’un des plus vastes gisements de gaz d’Afrique de l’Ouest, il contiendrait des réserves de gaz estimées à 450 milliards de mètres cubes, ce qui en ferait le plus important de la sous-région. Pour remémoration, la découverte du ce gisement avait été annoncée en janvier 2016 par le président sénégalais Macky Sall à la suite des prospections de la société américaine Kosmos. Cette dernière a ensuite signé un mémorandum avec la Société des pétroles du Sénégal (Petrosen) et la Société mauritanienne des hydrocarbures et du patrimoine minier, entérinant les principes d’une coopération intergouvernementale pour le développement du complexe Grande Tortue d’une surface de 1 200 kilomètres carrés. Coopération qui trouve ici son premier succès.

Même si le contenu de l’accord signé par le ministre sénégalais du Pétrole et des Energies, Mansour Elimane Kane, et son homologue mauritanien, Mohamed Ould Abdelvetah, n’a pas encore été révélé, il augure d’un réchauffement des relations entre les deux pays, refroidies il y a quelques temps. Pourtant, cette visite officielle ne se présentait pas sous les meilleurs auspices. La mort d’un pêcheur sénégalais le 27 janvier 2018, tué par les garde-côtes mauritaniens alors qu’il pêchait près de la même frontière qui abrite le gisement, avait poussé le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, à présenter ses excuses à Macky Sall. Ce dernier avait dépêché un patrouilleur de la marine dans la zone afin de garantir la sécurité des pêcheurs sénégalais.

Moctar FICOU / VivAfrik

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