Les pays africains vulnérables aux catastrophes naturelles

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Les édifices africains sont les plus exposés en Afrique. Pour inverser cette tendance, l’Agence universitaire francophone (AuF) compte, en partenariat avec des universités du Congo, du Gabon, de la RDC et de Poitiers en France initié un projet dont le but est de créer un centre d‘études sur les catastrophes naturelles en Afrique. Les gouvernements auront un rôle capital à jouer dans un continent visiblement vulnérable aux désastres causés par la nature.

L‘écroulement de la partie arrière du Centre de recherche et de formation en arts dramatiques (Cfrad) du Congo Brazzaville à cause du glissement de terrain intervenu après la pluie qui s’est abattue dans la nuit du 19 au 20 février  2018 sur la capitale congolaise continue de hanter le sommeil des populations.  Le Cfrad est loin d‘être l’unique édifice à être endommagé par une catastrophe naturelle. Dans un contexte marqué par les effets des changements climatiques, la plupart des pays africains sont potentiellement vulnérables aux catastrophes naturelles. Le cas de la Sierra Leone où les glissements de terrain ont fait plus de 600 morts en août 2017 est resté gravé dans les mémoires. Alors que la Guinée a perdu dans la même période huit de ses fils et filles.

Les dirigeants interpellés

Il y a donc nécessité de prévenir le continent de ces désastres causés par la nature. Et l’Agence universitaire francophone semble avoir trouvé une bonne trouvaille : la création d’un centre africain d‘études sur les équations aux dérivées partielles (Edp).

Il s’agit en termes clairs de recourir aux mathématiques pour comprendre et donc anticiper des catastrophes naturelles. « Le rôle du mathématicien, c’est de concevoir des modèles sur la pollution ou sur l’ensablement et une fois la modélisation achevée, la solution apportée, il procède à la prise des décisions et laisse aux décideurs la primeur de décision finale », a expliqué le Dr Franck Langa, enseignant à l’université Marien Ngouabi après la cérémonie d’ouverture d’un séminaire d‘évaluation à mi-parcours du projet de l’Auf. Un projet qui vise quatre universités : l’université de Poitiers en France, Marien Ngouabi de Brazzaville au Congo, Masuku de Franceville au Gabon et de Kinshasa en RDC.

Insuffisance des financements

Le projet a beau être pertinent, pourrait ne pas poursuivre son bonhomme de chemin. À cause du manque ou de l’insuffisance des financements. « Nous voudrons instaurer la recherche à l’université Marien-Ngouabi. Souvent, les chercheurs se plaignent de ne pas trouver de financement », déplore Paul Louzolo-Kimbembe, vice-recteur de l’université Marien Ngouabi. « La situation de la recherche africaine est désastreuse, avec moins de 100 publications par an dans les grandes revues internationales, contre 3.000 pour l’Europe », disait il y a quelques mois, le Professeur Daouda Aïdara, président de l’Académie des sciences, des arts, des cultures d’Afrique et des diasporas africaines.

Or, ce sont les Etats qui disposent des moyens financiers. Les dirigeants gagneraient ainsi à étudier les mécanismes adéquats de financement de ce projet afin d’aider le continent à mettre en place des initiatives d’adaptation ou de résilience aux phénomènes naturels surtout que l’Afrique est potentiellement exposée aux effets des changements climatiques.

Moctar FICOU / VivAfrik

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