Réforme agraire en Afrique du Sud : les fermiers blancs exigent des précisions

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Le principal syndicat d’agricole, composé essentiellement de fermiers blancs a demandé « des précisions » suite à la décision du nouveau président de République sud-africaine Cyril Ramaphosa de mettre en place une réforme agraire avec des expropriations sans compensation. Le chef de l’Etat avait estimé qu’il fallait accélérer la redistribution des terres aux sud-africains noirs et panser les plaies du passé.

Le Parlement sud-africain a adopté un texte qui prévoit l’expropriation des terres sans compensation. La terre est un sujet sensible dans ce pays où l’agriculture reste largement aux mains des Blancs, qui détiennent 73 % des terres agricoles contre 85 % à la fin de l’apartheid. Le texte – adopté à une très large majorité – a été présenté par le leader du parti radical Combattants pour la liberté économique de Julius Malema.

Nous gèrerons ce problème d’une manière qui ne portera pas atteinte à l’économie, ni à la sécurité alimentaire

Le 27 février 2018, les députés ont donc adopté une motion qui permet une révision de la Constitution afin autoriser l’expropriation des terres sans compensation financière. A cet effet, un comité a été nommé et doit rendre une proposition d’amendement de la loi d’ici à la fin du mois d’août prochain.

Ramaphosa s’était pourtant voulu rassurant. « Nous gèrerons ce problème d’une manière qui ne portera pas atteinte à l’économie, ni à la sécurité alimentaire », avait-t-il précisé.

Mais de l’avis de plusieurs observateurs, ce projet de réforme adopté par les députés ANC est avant tout un message politique. Depuis la fin de l’apartheid, le parti au pouvoir n’a pas su redistribuer la terre à la majorité noire. Et à un an des élections présidentielles, l’ANC est sous pression pour mettre fin aux disparités raciales.

Le parti au pouvoir tente ainsi de regagner un électorat de plus en plus séduit par la gauche radicale de Julius Malema, qui a lancé sa campagne pour les élections de 2019 ce dimanche 4 mars 2018.

Moctar FICOU / VivAfrik

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