Journée mondiale de la météo : les prévisions sont-elles fiables ?

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L’Organisation météorologique mondiale (Omm) était créée dans le but d’élaborer des normes climatiques et d’échanger les mesures météorologiques à l’échelle mondiale il y a 68 ans. Depuis, l’Omm a institué la Journée du 23 mars de chaque année comme Journée mondiale de la météorologie. L’occasion de se poser une question (simple) : les prévisions météo sont-elles fiables ?

A 24h, une prévision fiable à 90%

Un pique-nique raté à cause d’une averse, une baignade écourtée face à l’arrivée d’un orage… Les exemples vécus au moins une fois par chacun d’entre nous ne manquent pas. De là à dire que « la météo se trompe tout le temps…  Et pourtant, les météorologues sont unanimes : la météo est de plus en plus fiable ! A 24 heures, la fiabilité atteint 90% en moyenne, avec des différences malgré tout. « La prévision établie aujourd’hui à 5 jours correspond à celle que l’on pouvait faire sur 3 jours il y a une vingtaine d’années, on a ainsi gagné deux jours de prévisions depuis la fin des années 1990 » explique Emmanuel Demaël, prévisionniste à Météo-France. La résolution des modèles numériques (de plus de 100 km il y a 20 ans à moins de 5 km en moyenne aujourd’hui) et la densification du réseau d’observations expliquent ces progrès, même si « certains phénomènes rendent la prévision plus difficile à établir », tempère Emmanuel Demaël. C’est notamment le cas lors des orages en été, des giboulées au printemps ou encore des brouillards en hiver. « De nets progrès ont été faits », confirme le météorologue » même si la prévision reste encore perfectible.

Plus c’est loin, plus c’est incertain…

Si à court terme, les prévisions se sont nettement améliorées, le constat n’est pas tout à fait le même au sujet de la prévision à plus long terme. « Au-delà de cinq jours, on parle plutôt d’une tendance avec une notion de risques tels des chutes de neige ou des orages qui sont affinés au fur et à mesure que l’échéance approche », explique Emmanuel Demaël, « mais la fiabilité décroît de jour en jour » ajoute-t-il avec des sources qui divergent et des scénarios qui se multiplient, rendant alors la prévision plus aléatoire. Aujourd’hui, les prévisionnistes établissent des tendances météo allant jusqu’à 10 jours contre 5 jours il y a une vingtaine d’années.

Que penser des prévisions saisonnières ?

Au-delà des prévisions « classiques », depuis quelques années, des prévisions dites « saisonnières » sont élaborées, jusqu’à plusieurs mois à l’avance. Si elles peuvent prêter à sourire, elles sont pourtant très sérieuses. Avec elles, ne vous attendez pas à connaître la température du 15 août sur les plages de Biscarrosse ou de La Rochelle 6 mois à l’avance, mais elles permettent de prévoir la moyenne de paramètres météorologiques (température, précipitations) à l’échelle d’une zone comme l’Europe de l’Ouest. Ainsi, selon elles, l’été 2018 pourrait être « plus chaud » et « plus sec » que la normale sur le Vieux Continent, et donc potentiellement en France. « Si la fiabilité ne dépasse pas 60% aujourd’hui » selon Météo-France, elles peuvent néanmoins s’avérer utiles dans certains domaines d’activités tels que le tourisme, l’agriculture ou encore l’énergie.

Moctar FICOU / VivAfrik

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