La Pologne déterminée à sécuriser la COP24

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Les autorités polonaises, conscientes des risques qui pèsent sur la tenue de la COP 24, prévoient à tout prix de sécuriser le prochain sommet de l’Organisation des Nations unies (Onu) sur qui se déroulera du 3 au 14 décembre 2018 à Katowice. Ainsi, après avoir réduit les libertés individuelles de ses citoyens, le gouvernement de la Pologne compte réduire le droit de manifestation autour de ce sommet onusien.

Une loi promulguée fin janvier dernier par le président polonais Andrzej Duda interdit tout rassemblement spontané dans la cité minière entre le 26 novembre et le 16 décembre 2018. Une attitude qui, selon les Organisations non gouvernementales (Ong), annonce la tenue de la 24ème édition de la conférence de l’Onu sur de mauvais auspices.

Déjà à la COP 21

Certes, ce n’est pas la première fois que de telles restrictions frappent les associations proclimat. Lors de la COP 21, les autorités françaises avaient interdit les manifestations prévues en marge du sommet du Bourget par crainte des attentats. La nouveauté du texte polonais, c’est qu’il autorise la police locale à collecter les données personnelles des participants à la COP et à en faire un usage incontrôlé.

Ce qui inquiète nombre d’organisations dont les militants ne sont pas toujours bien considérés par leurs propres gouvernements. L’an passé, rappelait récemment Global Watch, 197 défenseurs de l’environnement ont été tués pour avoir lutté contre la déforestation illégale, le braconnage ou le changement climatique. Un chiffre 4 fois plus important qu’en 2002.

La Pologne tempère l’optimisme à l’approche de la COP24

La Pologne accueille en décembre la COP 24, qui se concentrera sur le « bon sens ». Pourtant après le limogeage de son ministre de l’Environnement, le mois dernier, il n’y a plus de pilote dans l’avion. Un article de notre partenaire, WysokieNapiecie.pl.

80 associations protestent

À l’initiative du Forum Asie-Pacifique des femmes pour le droit et le développement (Apwld), plus de 80 associations du monde entier dénoncent la contradiction entre le droit de réunion et le droit de manifestation, protégés par la convention européenne des droits de l’homme et la loi polonaise. Elles demandent à l’ONU et à la Commission européenne de faire pression sur Varsovie pour qu’elle abroge sa loi.

La surveillance rapprochée des activistes qui feront le déplacement à Katowice n’est que le dernier épisode d’un durcissement des politiques sécuritaires polonaises, rapporte le site euractiv.fr.

Article 7

En juillet dernier, la Commission européenne a engagé une procédure d’infraction à l’encontre de la Pologne, à la suite de la publication de la loi sur l’organisation des juridictions de droit commun. Très critiqué, ce texte organise la reprise en main par le pouvoir conservateur du système judiciaire national. La Pologne est ainsi le second pays de l’UE, après la Hongrie, auquel les 27 reprochent « une violation grave de l’État de droit », contrevenant ainsi aux dispositions de l’article 7 du traité de l’UE. Ce qui pourrait lui valoir une suspension de son droit de vote, voire une suppression des financements communautaires.

À la suite de l’entrée en application de la loi sur la liberté d’expression de 2015, plus de 234 journalistes de l’audiovisuel public polonais ont été rétrogradés, licenciés ou contraints de démissionner, rappelle Amnesty International.

Moctar FICOU / VivAfrik

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