Le lac Victoria agonise, ses espèces endémiques en danger

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C’est un coup dur pour le plus grand lac d’Afrique dont la superficie est équivalente à l’Irlande. Situé à cheval sur l’Ouganda, le Kenya et la Tanzanie, le lac Victoria est victime de son succès. Réservoir d’espèces de poissons, mais aussi de mollusques, de plantes et de minerais, le lac est tellement pillé que les trois-quarts de ses richesses sont aujourd’hui en voie d’extinction. C’est ce qu’a alerté le dernier rapport de l’Union internationale de la protection de la nature, notant que 76% des 204 espèces endémiques des eaux douces du lac sont menacées d’extinction.

Si l’on se fie aux confessions des riverains, le lac Victoria sert à tout. A laver sa voiture, à nettoyer son linge, à faire marcher des turbines industrielles mais aussi à fabriquer des médicaments et bien sûr à nourrir les gens. « On a d’un côté des populations qui ne cessent de croître, y compris en Afrique équatoriale. Cela débouche sur de la surpêche. Beaucoup de populations qui vont vers l’Afrique pour aller chercher des matières premières qui manquent sur leur territoire. C’est notamment le cas de la Chine et de l’Inde. La Chine dit aux pays africains « je vous prête de l’argent, je ne vous demande pas de me rembourser en argent, puisque vous n’en avez pas, mais vous me rembourserez en métaux, en minéraux, etc. », dénonce Pierre Radanne, dirigeant de l’association 4D spécialisée dans les questions d’environnement.

Sans entrer dans les dénonciations ou les questions politiques, le rapport incrimine ces pillages de ressources mais aussi le changement climatique. Les températures, le taux d’acidité bouleversent les habitats. Des plantes toxiques colonisent le lac jusqu’à former des plaques entières et les poissons, ultra-sensibles, n’arrivent pas à s’adapter au manque d’oxygène qui en découle.

Moctar FICOU / VivAfrik

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