La campagne agropastorale croule sous le poids de la sécheresse en Mauritanie

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Le Programme alimentaire mondial a indiqué que les pluies ont diminué de près de 30 % par rapport à l’année passée en Mauritanie. Ces pluies sont arrivées de façon irrégulière, parfois trop tôt, parfois trop tard et aujourd’hui, la campagne agropastorale est menacée, selon l’organisation onusienne. A l’origine de cette situation, un nouvel épisode de sécheresse historique dans le pays qui déstabilise le monde agropastoral.

Le déficit de pâturage a notamment eu un impact très lourd sur le secteur de l’élevage provoquant une transhumance précoce et une forte mortalité animale. Pourtant, le gouvernement a rapidement mis en place un plan d’aide.

Si l’on se fie aux autorités mauritaniennes, dans sa loi de finances 2018, le gouvernement a sécurisé une enveloppe de plus de 40 milliards d’ouguiyas, soit près de 100 millions d’euros, pour acheter de l’aliment de bétail et le vendre à un prix subventionné. Une mesure que salue Wellad ould Haimdoum, président de la Fédération des éleveurs de Mauritanie.

« Jusqu’à aujourd’hui, nous avons reçu 26 000 tonnes de blé et d’aliments de bétail réparties dans toutes les régions du pays. Les éleveurs ont constitué les prix subventionnés par l’Etat. Donc, c’est une mesure salutaire que l’Etat a mise en place », a-t-il précisé.

Le cheptel mauritanien s’élève à près de 20 millions de têtes de bétail. Aussi, 26 000 tonnes d’aliments semblent donc peu de chose. Autre problème, celui de la spéculation sur les prix, comme le souligne Boydiel ould Houmeid, éleveur dans le Trarza et maire de la commune de Ndiago.

« Cette année, tout ce que l’Etat a acheté, c’est avec les sociétés de la place, ce qui fait qu’il n’y a pas eu d’importations et c’est aussi ce qui fait monter les prix sur le marché local. Les Mauritaniens sont très intelligents. Ils s’adaptent en allant chercher la paille là où il y en a, en se serrant la ceinture pour servir les animaux. L’Etat mauritanien fait un effort mais nous pensons que ce n’est pas suffisant », a-t-il expliqué.

Un sac de 50 kilos d’aliments de bétail se vend 3 000 ouguiyas au prix subventionné. Sur les marchés, il s’échange à 7 000 ou 8 000 ouguiyas.

Moctar FICOU / VivAfrik

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