Le financement des énergies renouvelables, un souhait pour l’Afrique

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Le continent africain est conscient que les énergies renouvelables sont au cœur des questions économiques africaines, le secteur est l’un des plus porteurs du continent, et se pose en levier de développement. L’enjeu est d’éviter une phase d’industrialisation hautement énergivore. Plusieurs pays font figure de pionnier en la matière, et sur dix pays comptant le plus d’énergie alternatives, sept sont Africains.

Les fonds d’aide au développement représentent aujourd’hui une part très importante des investissements verts, et parmi eux se distinguent ceux de la Banque mondiale le Fond pour les technologies propres (Ftp) et celui de la Banque africaine de développement (Bad). Cependant, la logique d’allocation des ressources correspond à une logique de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui favorise de fait les pays déjà industrialisés, comme l’Afrique du Sud. La question se pose donc d’associer l’action climatique aux enjeux de développement, elle permettrait en outre d’inciter les pays les plus pauvres à adopter des mesures climatiques significatives.

Dans un rapport publié en 2015, McKinsey estime à 835 milliards de dollars US les besoins de l’Afrique pour répondre à ses besoins énergétiques d’ici 2040, un montant colossal qui ne peut pas être absorbé par les seuls Etats et organismes internationaux. Les investissements privés se multiplient, même si les problèmes de gouvernance et la fragilité structurelle de nombreux pays africains (dette importante, instabilité politique) est encore un frein.

Les choix de partenariats publics-privés se développent, le dernier en date étant celui adopté au Burkina Faso pour la construction de la plus vaste centrale d’énergie solaire d’Afrique, récemment inaugurée par Emmanuel Macron. Autre mode de financement : le blending qui associe les fonds de développement internationaux aux investissements privés. Les organismes peuvent par exemple se charger d’effectuer des études de faisabilité (souvent coûteuses) et fournir des garanties d’assurance pour les investissements dans les pays instables, laissant l’investissement productif en tant que tel aux acteurs privés.

Avec son potentiel important, l’Afrique attire les investissements étrangers en la matière, et la Chine se singularise parmi les autres puissances et investit massivement dans le domaine de l’hydroélectricité, si bien qu’aujourd’hui, 60% des barrages en Afrique sont chinois. Reste que ces investissements concernent avant tout la construction d’unités de production. Reste donc la double question de la recherche fondamentale et du soutien à la demande qui nécessitent eux aussi des investissements conséquents. Pour Andréa Massini, professeur à HEC Paris qui s’exprime à ce sujet dans La Tribune, c’est autour de ces deux questions que tourne l’avenir de la compétitivité de l’Afrique en la matière.

Pour l’Afrique est confrontée à la menace du changement climatique. Les déserts progressent et niveau de la mer augmente quand 70% de la population est privée d’électricité.

Moctar FICOU / VivAfrik

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