7,1 millions de personnes victimes d’insécurité alimentaire en Afrique de l’ouest

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L’évaluation récente de la situation alimentaire et nutritionnelle dans la région ouest africaine affiche une précarité profonde par endroits dans la bande sahélienne essentiellement liée à la persistance d’une crise pastorale fragilisant ainsi les capacités de résilience des populations déjà éprouvées.

«En effet, les analyses de situation alimentaire et nutritionnelle estiment à 7,1 millions le nombre de personnes en insécurité alimentaire aiguë pour la période mars-mai 2018. Si des mesures d’assistance alimentaire ne sont pas prises, le nombre de personnes affectées pourrait atteindre 10,6 millions pendant la période de soudure notamment juin-août 2018», a indiqué le directeur exécutif de l’Agence régionale chargée de l’agriculture et l’alimentation (Araa), Ousseini Salifou lors d’une rencontre de 3 jours destinée à aider les pays de la région à élaborer un référentiel.

Pour faire face aux crises alimentaires et nutritionnelles devenues structurelles dans le sahel et en Afrique de l’Ouest, souligne le conseiller technique au ministère de l’Agriculture Modou Mboup, nos Etats ont développé des capacités dans l’élaboration des plans nationaux de réponse à l’insécurité alimentaire.

«La région ouest africaine a besoin de se doter d’un plan de contingence qui constitue un outil important d’anticipation et de préparation des réponses aux crises régionales», dit-il. A l’en croire, le Sénégal est disposé à accompagner cette initiative régionale.

«En Afrique de l’ouest, il y a plus de 7 millions de nos compatriotes qui sont victimes d’insécurité alimentaire aigue. Si nous n’avons pas les bons chiffres, nous ne pourrons pas avoir une politique cohérente adaptée à la situation», affirme le sieur Mboup. Selon le coordonnateur du projet stock Cedeao, Koffi Tessio, lorsque les plans de riposte nationaux ne sont pas en mesure de régler la situation, la réserve intervient.

«Il faut que les pays prennent leurs responsabilités et ne restent pas dans cette mendicité permanente de pouvoir résoudre les problèmes alimentaires. Ce qui est une question de souveraineté», affirme-t-il.

Grâce au référentiel élaboré, l’Agence régionale pour l’agriculture et l’alimentation qui est soucieuse de la situation alimentaire qui prévaut en Afrique de l’ouest  va établir un lien entre les plans nationaux de réponse et l’accès à la réserve régionale de sécurité alimentaire de la Cedeao.

La crise alimentaire induite par la flambée des prix de 2007- 2008 a profondément changé les données en matière de sécurité alimentaire au plan mondial et régional. Face à cette situation, les chefs d’Etats de la Cedeao ont mis en place un mécanisme dans le but de prévenir d’éventuelles crises. D’où la création en 2013 d’une Agence régionale chargée de l’agriculture et l’alimentation (Araa) qui a mis en place un plan de riposte face au problème d’insécurité alimentaire.

Pour le directeur exécutif de l’Araa Ousseini Salifou, la stratégie régionale de stockage de sécurité alimentaire est fondée sur trois lignes complémentaires. La 1ère ligne concerne les stocks de proximité généralement mis en place et gérés par des organisations locales. La deuxième ligne repose sur les stocks nationaux de sécurité gérés par les Etats.

Et la troisième ligne est la réserve régionale de sécurité alimentaire qui est complémentaire des deux premières. «En appui à l’initiative, la commission de l’Union Européenne a accordé un financement de 56 millions d’euros à la Cedeao dans le cadre du projet d’appui au stockage de sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest».

Moctar FICOU / VivAfrik

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