Rwanda : une usine fermée pour non-respect des règles environnementales

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Les autorités du Rwanda ont procédé à la fermeture d’une installation qui fait partie de l’usine de cuir de Kigali située dans le district de Bugesera pour non-respect des règles environnementales et pollution de la rivière Akagera.

Si l’on se fie à la Rwanda environment management authority (Rema) qui a suspendu cette unité pour cause de pollution, l’usine doit construire un système de traitement des déchets avant sa réouverture.

Le Saturday Times précise pour sa part que l’usine manquerait notamment d’installations de traitement des eaux usées. Eng. Coletha Ruhamya, directrice générale de Rema, a déclaré à Saturday Times que la suspension est intervenue suite aux plaintes des résidents voisins.

« La direction de l’usine nous a montré qu’ils avaient construit un système de traitement des déchets, mais ce n’était qu’une coquille qui ne fonctionnait pas. Au lieu de cela, ils ont enterré clandestinement un tuyau dans le sol, déversant des eaux usées et d’autres déchets directement dans la rivière Akagera », a laissé entendre Mme Ruhamya.

Depuis sa création en 2014, les résidents se plaignent continuellement de la pollution causée par cette usine, sans aucune solution n’ait pu être trouvée jusqu’à ce jour, s’est désolé la directrice générale de Rema. « Ils nous ont menti et ont commis un délit qui devrait attirer des enquêtes policières », a-t-elle enfoncé le clou.

D’après Eng. Coletha Ruhamya, l’usine avait reçu des directives de l’Environmental impact assessment (Eia) pour la construction d’une usine de traitement des eaux usées, mais ne l’a pas fait.

Rema et la National industrial research and development (Nirda) ont envoyé une équipe à l’usine afin d’enquêter sur les allégations de pollution et ont décidé par la suite de suspendre l’usine jusqu’à ce qu’ils obtiennent un équipement de traitement des eaux usées.

Refus de payer des amendes

« Nous leur avons infligé 5 millions Rwf (5.000 euros), mais ils n’ont pas encore payé. Les produits chimiques provenant des industries et des peaux tannées polluent l’eau et entraînent des complications pour la santé, notamment des cancers et d’autres maladies incurables », a-t-elle dit, ajoutant qu’ils les avaient prévenus plusieurs fois. Saturday Times a appris que, l’usine avait écrit une lettre demandant la réduction des amendes et la possibilité d’une réouverture temporaire.

Cependant, madame Ruhamya a déclaré que les amendes étaient fixées par la loi et que celles appliquées à l’usine se trouvaient au bas de l’échelle de ce que le législateur avait décidé. « Ils ont même refusé d’enlever ce tuyau caché qui déversait des déchets dans la rivière », a-t-elle ajouté.

« Nous avons commandé un équipement qui a coûté 500.000 dollars »

Yuan Wang, directeur Général de « Kigali Leather », l’usine de cuir fermée pour non-respect des règles environnementales et pollution de la rivière Akagera a déclaré qu’il avait écrit au Rema pour demander des mesures temporaires, jusqu’à la mise en place de l’équipement de traitement.

« Nous avons commandé un équipement qui a coûté 500.000 dollars et on s’attend à ce qu’il arrive en juillet », a-t-il affirmé. Ajoutant que la suspension affectait les opérations, car ils fabriquaient moins de chaussures et de sacs. En février de cette année, le directeur avait déclaré que la faible offre de peaux avait entraîné une faible production.

Concluant qu’ils pouvaient produire en une semaine plus de 3.000 morceaux de cuir bleu humide et 1.500 cuirs finis.

Moctar FICOU / VivAfrik

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