En Mauritanie, les autorités font tout pour cacher la famine (responsable d’un collectif d’ONGs)

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En Mauritanie, un collectif d’organisations intervenant dans le domaine de la sécurité alimentaire a pressé jeudi le Gouvernement d’accélérer le pas pour figurer parmi les pays africains consacrant 10% de leurs dépenses publiques à l’agriculture.

A l’heure actuelle, la Mauritanie n’en consacre seulement que 4%, un pourcentage très insuffisant aux yeux du ROSA, le Réseau des Organisations de la Sécurité Alimentaire, qui n’a pas manqué d’exprimer son inquiétude face à la famine qui frappe actuellement la région du Hodh Chargui, dans l’Est du pays.

« C’est une année catastrophique. Très tôt, nous avons tiré la sonnette d’alarme pour dire que ça n’allait pas. Nous suivons cette situation depuis mai (2018) », a expliqué Sarr Mamadou, coordinateur du ROSA, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse destinée à faire le bilan, 15 ans après, sur l’engagement des Chefs d’Etat africains pris à Maputo et Malabo, pour investir 10 % des dépenses publiques dans l’agriculture afin de lutter contre l’insécurité alimentaire.

« Il y’a bel et bien la famine en Mauritanie et une crise alimentaire, mais les autorités font tout pour la cacher », a affirmé M. Sarr, en allusion au village de Zraviya (Hodh Chargui), où des personnes seraient mortes pour cause de famine, avant d’appeler à prendre des « mesures idoines » pour faire face.

Dans son rapport 2017-2018, le Réseau de prévention des crises alimentaires au Sahel et en Afrique de l’Ouest estimait les besoins globaux pour l’agriculture mauritanienne à 99 millions d’euros. Pour le moment, les autorités n’ont mobilisé que 8 millions d’euros. Soit un gap criard de 91 millions d’euros.

Autrement dit, on est loin du compte pour pouvoir faire face à l’insécurité alimentaire en Mauritanie qui toucherait entre 35.000 et 50.000 personnes.

Par Babacar Baye NDIAYE