Vers l’accélération de l’expropriation des terres agricoles en Afrique du Sud

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Les autorités sud-africaines comptent accélérer le processus de redistribution des terres agricoles à des fermiers noirs. Suffisant pour le président Cyril Ramaphosa d’annoncer que son parti allait chercher à modifier la Constitution pour accélérer l’expropriation sans compensation des terres arables et leur redistribution en faveur de la majorité noire et pauvre du pays. Les fermiers blancs détiennent environ 71% des terres cultivables en Afrique du Sud.

« L’Anc (Congrès national africain, parti au pouvoir) va finaliser, via le processus parlementaire, une proposition d’amendement à la Constitution qui décrit de façon plus claire les conditions dans lesquelles l’expropriation des terres sans dédommagement peut être effectuée », a annoncé le de l’Etat dans une allocution télévisée mardi 31 juillet 2018, renchérissant que ce changement pourrait « débloquer la croissance économique ».

Dans son speech, M. Ramaphosa a en outre indiqué qu’« il est devenu évident que notre peuple veut que la Constitution soit plus explicite à propos de l’expropriation des terres sans dédommagement ». L’Etat sud-africain accentue ainsi sa pression sur les fermiers blancs.

Pour rappel, le Parlement sud-africain s’était prononcé, en février 2018, en faveur d’une modification de la Constitution afin d’autoriser l’expropriation des propriétaires blancs, sans compensation financière, afin que les populations noires spoliées retrouvent leurs lopins de terre.

Une grande partie des terres les plus productives d’Afrique du Sud appartient toujours aux fermiers blancs qui contrôlent 73% des terres arables, 24 ans après la fin de l’apartheid. Ce sont ces terres qui pourraient être saisies de force et transférées la population noire.

Depuis ce vote, soutenu par le Congrès national africain (Anc), fer de lance de la lutte anti-apartheid, un climat de panique règne chez les investisseurs privés et exploitants agricoles blancs. «Nos gars pensent littéralement que quelqu’un va frapper à leurs portes et saisir leurs terres», a constaté Omri Van Zyl, un opposant à cette mesure, directeur de l’association AgriSA, qui regroupe 35.000 fermiers blancs.

Jusqu’à présent, le gouvernement sud-africain avait poursuivi une politique de consentement entre l’acheteur et le vendeur pour permettre le transfert des terres.

Certaines critiques établissent des parallèles avec les réformes désastreuses effectuées au Zimbabwe. D’autres évoquent des raisons électorales, l’Anc visant à gagner des voix avant les élections l’année prochaine.

Mais pour M. Ramaphosa, « l’intention de cet amendement est de promouvoir la réparation, de faire progresser le développement économique et d’accroître la production agricole et la sécurité alimentaire ».

Moctar FICOU / VivAfrik

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