Les exportations africaines sous le diktat du réchauffement climatique

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Le réchauffement climatique continue de faire des victimes notamment en Afrique. Après avoir affecté plusieurs secteurs de développement, le changement climatique a désormais, dans son viseur, les exportations du continent noir. Selon une étude britannique rendue publique, les pays africains exportateurs de matières premières vont particulièrement souffrir d’ici vingt-cinq ans du réchauffement climatique.

Les fortes chaleurs de plus en plus fréquentes vont impacter la main d’ouvre et donc les coûts de production. L’Afrique de l’Ouest et en particulier la Côte d’Ivoire et le Ghana seront particulièrement touchés d’ici à 25 ans.

À l’heure où de nombreux propriétaires de terres agricoles privilégient l’exportation de leurs produits à l’étranger dans le but d’augmenter leurs bénéfices, l’ONU chiffre à 200 millions le nombre de personnes souffrant de sous-nutrition sur le continent.

Si la situation n’était pas amenée à évoluer positivement dans des délais brefs, l’Afrique pourrait connaître l’une des plus importantes crises économiques, sociales, politiques et humanitaires de son histoire.

En un mot, le dérèglement climatique a un coût humain, un coût social mais aussi un coût économique. A cet égard, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale sont les plus mal logées, selon le cabinet britannique Verisk Mapelcroft. Des zones vulnérables en raison de leur dépendance aux exportations de matières premières, agricoles et extractives.

Ces industries emploient une forte main d’œuvre. Or la hausse des températures et la multiplication des épisodes caniculaire vont faire chuter la productivité et renchérir les coûts. Plus il fait chaud et plus le travail est ralenti. Et plus les besoins en climatisation pèsent sur la facture d’électricité. Ainsi en 2045, l’Afrique de l’Ouest pourrait perdre dix milliards de dollars par an. Les pays les plus exposés sont la Côte d’Ivoire qui pèse la moitié des exportations agricoles africaines, ainsi que son voisin ghanéen.

L’industrie pétrolière nigériane sera elle aussi fortement impactée par le réchauffement climatique. Il va donc falloir prendre des mesures pour éviter que le stress thermique ne pèse sur la productivité, préconise l’étude britannique. Un jour peut-être, faudra-t-il attendre la nuit pour travailler dans les champs.

Selon le récent rapport régional GEO-6 pour l’Afrique présenté en juin 2017 par l’Institut de la francophonie pour le développement durable et l’ONU Environnement, cette crise aurait déjà commencé. Le réchauffement de la planète serait l’une des causes principales de la dégradation des sols, de la déforestation, du manque d’eau et de nourriture, et ces problématiques dites environnementales causeraient environ 400.000 morts chaque année en Afrique.

Moctar FICOU / VivAfrik

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