La BAD au chevet du Ghana et de la Côte d’Ivoire pour combattre le swollen shoot

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Le Ghana et de la Côte d’Ivoire, deux pays voisins ouest-africains qui représentent 60 % de la production mondiale de cacao viennent de bénéficier un financement de la Banque africaine de développement (Bad) évalué à 600 millions $ dans le cadre d’un programme de lutte contre la maladie du Swollen-shoot (pousses gonflées) dans la filière cacao.

Il s’agit d’un virus, frappant uniquement en Afrique de l’Ouest, qui attaque les cacaoyers et décime les plantations. Rien qu’en Côte d’Ivoire, environ 300 000 hectares ont été atteints par la maladie. Seul remède : arracher les plants infectés.

Cette enveloppe est destinée à l’abattage de plus de 680 000 hectares de cacaoyers sur les terres agricoles affectées et la replantation d’arbres dans ces zones.

« L’investissement que nous sollicitions, avec la Côte d’Ivoire, auprès de la Banque africaine de développement a été approuvé. Nous croyons que ce projet nous aidera à l’avenir, car nous serons en mesure de contrôler la propagation des maladies et de replanter les arbres trop vieux.», a déclaré Jospeh Boahen Aidoo, directeur général de Ghana Cocobod, lors de la Conférence des gestionnaires de cacao 2018.

Pour montrer leur plein engagement dans le combat contre le swollen shoot, les deux géants du cacao ont décidé de se retrousser les manches et montrer les muscles.

En fin de semaine dernière, les dirigeants du Conseil café-cacao Ivoirien et du Ghana cocoa board se sont rendus ensemble dans les plantations à leur frontière commune, pour lancer les opérations d’arrachage des cacaoyers.

Ce plan de lutte est le premier d’envergure en Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de l’or brun. Sur les 15 % de surfaces de plantations contaminées par le virus, le pays prévoit d’arracher 100 000 hectares de plantations sur les trois prochaines années.

Le swollen shoot, tristement surnommé « le sida du cacao », n’a pas de remède. Seul l’arrachage des plants permet de s’en débarrasser.

Dans la guerre d’éradication de la maladie, Côte d’Ivoire et Ghana ont décroché plus de 515 millions d’euros de la Banque africaine de développement. Une enveloppe qui va surtout permettre d’indemniser les paysans à hauteur de 76 euros par hectare arraché.

M. Aidoo a indiqué que la situation est si urgente au Ghana que même avant que les fonds ne soient disponibles, son organisation s’engage à réhabiliter 10 000 ha sur fonds propres. Le gouvernement ghanéen a initié diverses actions visant à renouveler les cacaoyers affectés ou trop âgés, et introduire la pollinisation manuelle afin d’augmenter le rendement.

Selon le Cocobod, près de 40% des exploitations cacaoyères au Ghana sont, soit infectées par la maladie des pousses gonflées, soit trop âgées.

Moctar FICOU / VivAfrik

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