L’exploitation du cobalt, un calvaire pour les mineurs et l’environnement en RDC

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L’exploitation du cobalt, un élément chimique de numéro atomique 27 et de symbole Co portaient énormément préjudice aux mineurs – qui  travaillent dans les mines, souvent à la main – et à l’environnement. C’est ce qu’avaient révélé les chercheurs de l’Université de Leuven en Belgique et de l’Université de Lubumbashi.

Dès 2009, les recherches antérieures menées par les deux Universités avaient déjà révélé de fortes concentrations de métaux dans l’urine de personnes vivant à proximité de mines. La nouvelle étude de cas, publiée dans Nature Sustainability, confirme les risques pour la santé de l’extraction du cobalt.

Malgré ces mises en garde, la demande de cobalt, un composant crucial des batteries lithium-ion rechargeables pour smartphones et voitures électriques a augmenté fortement ces dernières années. Dans le même temps, environ 60% de l’approvisionnement mondial en cobalt provient de la ceinture de cuivre riche en minéraux du Katanga, en République démocratique du Congo.

Les chercheurs ont mené une étude de cas à Kasulo, un quartier urbain de Kolwezi, au cœur de la zone minière congolaise. Lorsque le minerai de cobalt a été découvert sous l’une des maisons, la zone entière est rapidement devenue une mine artisanale. Les maisons sont maintenant entrecoupées de dizaines de mines où des centaines de mineurs recherchent le cobalt. La plupart des habitants sont restés dans la région.

Si l’on se fie à ces universitaires, le problème majeur est la poussière qui contient du cobalt et de nombreux autres métaux, y compris l’uranium. La poussière est libérée pendant le processus d’extraction et s’installe sur le sol. Les chercheurs ont recueilli des échantillons de sang et d’urine auprès de 72 résidents de Kasulo, dont 32 enfants. Un groupe témoin ayant une composition similaire a été sélectionné dans un district voisin.

Et les résultats sont sans appel. D’après le professeur Nemery, médecin-toxicologue au département de santé publique et de soins primaires de KU Leuven, les conclusions de leur étude sont inquiétantes. A l’en croire, «les enfants vivant dans le district minier avaient 10 fois plus de cobalt dans leur urine que les enfants vivant ailleurs. Leurs valeurs étaient beaucoup plus élevées que ce que nous acceptions pour les ouvriers européens. Cette étude pourrait avoir une portée limitée, mais les résultats sont clairs. Les différences ne peuvent être attribuées à une coïncidence.  »

Moctar FICOU / VivAfrik

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