Pêches : le CONIPAS vise à améliorer la gouvernance du secteur au Sénégal

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Le Secrétaire général du Conseil national interprofessionnel de la pêche artisanale du Sénégal (Conipas), Babacar Sarr a indiqué lors d’un atelier de deux jours tenu à Mbour que sa structure compte contribuer à l’amélioration de la gouvernance du secteur des pêches au Sénégal. Cela passera par la remobilisation de leur structure, mais aussi par le renforcement des capacités de participation à la gouvernance, tout en amorçant un compagnonnage entre le Conipas et le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (Cncr).

A travers cette initiative, le Conipas entend « poursuivre son évolution vers une interprofession plus représentative, assurant pleinement son rôle de défense des intérêts de ses membres dans la gestion durable du secteur des pêches, mais également d’améliorer la qualité de la contribution du Groupe de dialogue social et politique (GDSP) », a expliqué M. Sarr.

Qui rappelle qu’au Sénégal, le secteur des pêches est une composante essentielle du développement rural qui occupe une place prépondérante dans la politique publique, joue un rôle stratégique et de soutien à la croissance de l’économie nationale, en contribuant notamment à la réduction du déficit de la balance des paiements et du chômage.

Contribuant à l’éradication de la pauvreté et à la lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle, le secteur des pêches assure 3,2% du PIB et 70 à 75% des apports en protéines d’origine animale aux populations. Il génère un chiffre d’affaire de 198 milliards de francs CFA pour les exportations, sur des débarquements de 487 441 tonnes dont 80% par la pêche artisanale, selon une source de la Direction des pêches maritimes (Dpm) qui date de 2016.

« Ces dernières années, le secteur est en proie à des difficultés liées surtout au surinvestissement et à la surexploitation des ressources halieutiques majeures », ont indiqué les membres du Conipas dans un document dont nous avons obtenu copie et qui fait savoir que plusieurs études et ateliers ont identifié les principales contraintes au développement de ce secteur.

Selon eux, la Lettre de politique sectorielle de développement de la pêche et de l’aquaculture (Lpsdpa 2016-2023) relève, entre autres, une organisation institutionnelle et un système de gouvernance inadaptés au secteur, la non effectivité de l’application et l’absence de suivi des mesures de gestion par des parties prenantes, l’inefficacité et la faible participation des organisations de professionnels. ‘’Ces contraintes sont encore latentes et nécessites des changements dans les démarches et les comportements de tous les acteurs’’, a insisté le secrétaire général du CONIPAS, une organisation créée en 2003 regroupant neuf organisations de professionnels qui s’activent dans la pêche artisanale.

Pour sa part, le haut conseiller des collectivités territoriales (Hcct), Mamadou Diop Thioune, membre fondateur du Conipas, l’état actuel du secteur des pêches qui convoque aujourd’hui à des réflexions pouvant contribuer à la prise en compte des dimensions pêche, environnementale mais aussi du futur de ce secteur.

Les stratégies de lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle

« Nous sommes aujourd’hui confrontés à une déstabilisation du secteur. Et si rien n’est fait, ça va aller crescendo. C’est pourquoi nous avons opté à une nouvelle vision, une nouvelle conduite et une nouvelle orientation des processus pour intégrer la dimension des politiques publiques dans le domaine de la pêche et de l’environnement », a soutenu M. Thioune qui pense qu’il faut une planification à travers une approche qui soit basée sur la préservation de la ressource halieutique pour les générations futures.

« Nous devons certes respecter les engagements internationaux pris par nos gouvernants, mais aussi et surtout, nous devons respecter les principes de sécurité alimentaire et nutritionnelle. Nous devons aussi tirer profit des exploitations. Pour ça, il faut marquer un temps d’arrêt, évaluer ce qui a été fait jusqu’ici pour savoir sur quoi nous devons agir, surtout dans un contexte marqué par des découvertes de pétrole et de gaz au niveau de nos côtes qui vont cohabiter avec la pêche, il est tout à fait normal que la dimension environnementale soit prise en compte dans les réflexions et qu’on fasse appel au respect des conventions internationales et des droits humains mais aussi qu’on fasse la cartographie des vulnérabilités », a-t-il dit.

Malgré l’importance du pétrole et du gaz dans les économies des pays qui en sont bénéficiaires, Mamadou Diop Thioune estime que cela ne devrait pas avoir un impact négatif sur les activités de pêche au Sénégal. « Nous allons voir dans quelles conditions nous allons cohabiter tout en évitant qu’en cherchant de l’agent du pétrole et du gaz, que la priorité soit axée sur les stratégies de lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle qui pourraient atteindre nos populations », a-t-il insisté, tout en invitant l’Etat du Sénégal et les différentes parties prenantes à adopter ‘’une démarche inclusive et activement partie prenante.

Moctar FICOU / VivAfrik

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