Les Sud-soudanais hantés par l’insécurité alimentaire

0

Les habitants du Soudan du Sud font face à la faim engendrée par l’insécurité qui demeure le quotidien d’une immense partie de la population.

A Kandak, un village de l’est du pays où la faim sévit de plein fouet en est un exemple parfait. Une récente étude statistique menée par une université londonienne a établi qu’au moins 382.000 Sud-Soudanais avaient perdu la vie à cause de la guerre et de ses conséquences néfastes, telles que les maladies et la difficulté d’accès aux soins des populations.

Pire, en 2017, deux régions contrôlées par l’opposition ont été déclarées en famine et les dernières projections sur la sécurité alimentaire, publiées vendredi 28 septembre 2018 indiquent que 6,1 millions d’habitants vont nécessiter une aide alimentaire dans les prochains mois.

« La guerre est le principal facteur de cette situation désespérée », confirme Pierre Vauthier, de l’agence des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao).

Comme si cela ne suffisait pas, les récoltes et l’approvisionnement des marchés y ont été largement perturbés par la guerre et la population dépend lourdement des agences humanitaires pour la distribution vitale de nourriture. L’absence de routes, l’insécurité et le fait que les travailleurs humanitaires ont été régulièrement pris pour cible – 107 ont été tués depuis le début de la guerre – contraignent les ONG et l’ONU à distribuer la nourriture par les airs.

Très peu de nourriture

« Nous sommes dans l’incapacité d’acheminer les approvisionnements par route ou par les cours d’eau », constate Tomson Phiri, du Programme alimentaire mondial des Nations unies (Pam).

« La nourriture, c’est ça le problème. Il y en a très peu », témoigne John Jal Lam, 28 ans et père de huit enfants, alors qu’il vient de collecter la ration de sorgho pour sa famille.

Tandis que les plus pauvres continuent de souffrir et d’avoir faim, les dirigeants du Soudan du Sud préparent la mise en place, d’ici à la mi-décembre, d’un nouveau gouvernement d’union nationale, dans lequel Riek Machar doit retrouver un poste de vice-président, au côté du président Salva Kiir Mayardit.

Moctar FICOU / VivAfrik

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here