Vers une hausse des importations de riz en Egypte

0

Des changements apportés dans la politique de production du riz en Egypte ces dernières années pourraient contraindre le pays à booster sa capacité d’importateur de cette céréale. C’est ce qu’a indiqué le Département américain de l’agriculture (Usda) dans son rapport mensuel sur le marché et le commerce des céréales.

Le pays qui jusqu’en 2015/2016 était un exportateur net s’est mué en importateur net en 2017/2018 en raison de la volonté du gouvernement de réduire de 23% les superficies cultivées pour économiser l’eau du Nil. Le riz est l’une des cultures les plus gourmandes en eau. Or l’Egypte a déjà un déficit de plus d’un demi-milliard de m3, qu’elle compense en dessalant l’eau de mer ou en retraitant les eaux usées. Et elle va devoir consentir un nouvel effort hydrique d’une quantité équivalente avec la mise en eau du grand barrage hydroélectrique de la Renaissance par son voisin l’Ethiopie, dans la haute vallée du Nil.

L’Egypte va probablement importer 1 million de tonnes de riz cette année, pour la première fois de son histoire, estiment les traders. C’est pourtant un grand pays rizicole, depuis le VIIe siècle. Le Delta du Nil a produit 4,5 millions de tonnes de riz l’an dernier, plus que le Nigeria, deux fois plus que le Laos. Son riz rond japonica nourrissait jusqu’à cette année non seulement la population égyptienne, mais s’exportait dans tout le Moyen-Orient et jusqu’en Europe de l’Est.

Cette orientation a déjà conduit le pays des pharaons à réaliser en 2018/2019, sa plus petite récolte depuis la campagne 1998/1999, selon l’Usda.

De même, indique l’Organisation, de plus en plus de producteurs de riz se détournent vers la culture du coton ou du maïs en raison des prix d’achat plus attractifs fixés par le gouvernement. L’Egypte consomme annuellement 4 millions de tonnes de riz.

Mais les importations égyptiennes de riz devraient à moyen et long terme devenir structurelles et grandir, quand le barrage de la Renaissance se sera rempli, au plus tôt dans trois ans comme le souhaitent les autorités d’Addis Abeba, au plus tard dans 10 ans comme l’espèrent les autorités du Caire.

Moctar FICOU / VivAfrik

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here