Chaque français entraîne 350 m2 de déforestation, selon l’ONG Envol Vert

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L’ONG Envol Vert a révélé que Chaque français est responsable de la destruction de 350 mètres carrés de forêts par an. Le mode de consommation de chaque français entraîne 350 m2 de déforestation tous les ans, calculant l’impact des consommations des français sur les forêts, principalement hors Europe. La superficie représente l’équivalent de la Bretagne chaque année.

Selon le WWF, l’empreinte de sept matières premières importées en France atteindrait même 14,8 millions d’hectares, dont un tiers (5,1 millions d’hectares) à risque de déforestation.

L’équivalent de la taille de la Bretagne. C’est la surface déforestée chaque année pour assouvir les besoins de consommation des français: 2,4 millions d’hectares, selon les calculs de l’ONG Envol Vert, qui avec le WWF publie aujourd’hui des données inédites sur le sujet. Chaque français consomme ainsi 350 mètres carrés de forêt, précise l’association, se fondant sur la consommation moyenne des principaux produits issus des matières à risque, et ne tenant pas compte des commandes publiques ou des entreprises à fins de réexportation.

Cuir, cacao ou agrocarburant… 350 m2 de forêt par français sont nécessaires, pour l’essentiel hors d’Europe, pour répondre aux besoins annuels de consommation dans l’Hexagone, a calculé l’ONG Envol Vert, qui avec le WWF appelle à « mieux consommer » pour lutter contre la déforestation.

Un total de 2,4 millions d’hectares (environ la superficie de la Bretagne) est ainsi consacré, surtout en Amérique du Sud, Asie du sud-est ou Afrique, aux besoins des seuls consommateurs français (hors commandes publiques ou commandes des entreprises à des fins de réexportation), selon l’association.

7 matières premières étudiées

Le WWF s’est de son côté intéressé à l’empreinte de sept matières premières importées en France, cette fois tous usages inclus : pâte à papier, bois, soja, bœuf et cuir, cacao, huile de palme, caoutchouc. Résultat : 14,8 millions d’ha de surfaces utilisées, dont un tiers (5,1 millions d’ha) à risque de déforestation.

Alors que Paris prépare sa stratégie de lutte contre la déforestation importée, attendue mi-novembre, les deux ONG appellent à consommer et produire différemment, en privilégiant les produits certifiés et modes de production moins dommageables.

Globalement, environ 13 millions d’ha de bois bruts disparaissent chaque année dans le monde, affectant populations, espèces, climat… Un rythme qui, selon la FAO, tend à se stabiliser, mais quand la déforestation parfois marque le pas (Amazonie brésilienne, Indonésie), elle gagne d’autres régions (Mékong, Bolivie, Paraguay…).

À l’origine de près de 80 % de ce phénomène : l’agriculture commerciale.

Le soja mis en cause

Selon les calculs d’Envol vert, basés sur la consommation moyenne des principaux produits issus des matières à risque, l’« empreinte forêt » des français est d’abord due aux importations de soja (qui nourrit nos volailles, porcs, vaches laitières).

Viennent ensuite, par ordre d’impact décroissant, le cuir, l’huile de palme incluse dans les carburants -gazole ou essence- le papier, le café, l’hévéa (pour les pneus essentiellement), le cacao, le bois, l’huile de palme pour l’alimentation.

De quoi donc revoir quelques idées reçues : le papier, avec sa production européenne et l’importance du recyclage, est moins à risque. Ces dernières années, l’huile de palme pour l’alimentation aussi a reculé, sous la pression des consommateurs, quand celle pour carburants a explosé, sur décision publique.

Impact fort de la viande

Les défenseurs de la forêt appellent à lever le pied sur les protéines animales. « Pas seulement sur la viande rouge donc », note Boris Patentreger, cofondateur d’Envol vert, qui appelle aussi les professionnels (alimentation animale, cuir…) à revoir, voire relocaliser leurs approvisionnements.

Certaines entreprises déjà ont adopté un moratoire sur le soja amazonien. « Le problème est qu’elles sont ensuite allées se fournir ailleurs, comme dans la savane du Cerrado » (Brésil), note Arnaud Gauffier, coauteur du rapport du WWF.

Souvent les alternatives sont très limitées du fait des politiques publiques, déplorent les ONG : agrocarburants imposés par la directive Renewable Energy, accords bloquant l’augmentation des cultures de soja en Europe, absence d’affichage sur l’alimentation animale…

Vers un label « zéro déforestation » ?

« Le politique a un rôle énorme », insiste Arnaud Gauffier, qui ajoute que la France ne fait « ni pire ni mieux que d’autres pays ». « La Stratégie contre la déforestation importée serait un premier pas que peu de pays ont jusqu’ici franchi, à condition qu’elle s’accompagne de plans d’action concrets et financés », ajoute-t-il.

Cela pourrait être un label « zéro déforestation » qui viendrait garantir au consommateur que le poulet élevé en France qu’il achète n’a pas contribué à déboiser et éliminer les jaguars, cite le WWF, pour qui la France a aussi « un rôle de leader à prendre sur le cacao », dont elle importe 10 % de la production mondiale.

En attendant, chacun peut aller mesurer sa propre empreinte forêt via le quiz mis en place dès 2013 par Envol vert.

80% de la déforestation dû à l’agriculture

Au niveau mondial, environ 13 millions d’hectares de bois bruts disparaissent chaque année. Si selon la FAO le rythme tend à se stabiliser, ils continuent de progresser dans certaines régions. L’agriculture commerciale est à l’origine de près de 80% de ce phénomène, qui affecte la biodiversité et le climat ainsi que les populations locales.

Certaines actions, comme la promotion du recyclage du papier, ont déjà porté quelques fruits. La consommation de l’huile de palme par l’industrie agro-alimentaire a aussi reculé grâce à la pression des consommateurs. En revanche, l’utilisation de l’huile de palme pour les carburants a grimpé en raison de politiques favorables.

Moctar FICOU / VivAfrik

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