Hausse du prix des Hydrocarbures au Burkina Faso

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Vendredi 9 novembre 2018, les prix à la pompe du super et du gasoil ont augmenté de 75 Fcfa alors que celui du gaz reste inchangé. Pour le gouvernement burkinabé, il s’agit de répercuter la hausse des cours sur les marchés internationaux afin notamment de faire face à la lourde facture des subventions publiques. Toutefois, la mesure risque d’engendrer une inflation des prix du transport et des denrées alimentaires.

Retour à la réalité pour les consommateurs burkinabés qui se sont réveillés ce vendredi 9 novembre avec une hausse de 75 Fcfa des prix à la pompe du super et du Gasoil. La mesure a été adoptée la veille par le Conseil des ministres, qui a été présidé par le premier ministre Paul Kaba Tchieba, et qui a maintenu inchangé le prix du gaz.

Mais la coalition contre la vie chère, la corruption, l’impunité et pour les libertés, regroupant plusieurs organisations de la société civile, a appelé les populations à « dire non » à la hausse Rechercher hausse de 75 FCFA sur le prix Rechercher prix du litre des hydrocarbures, entrée en vigueur ce vendredi.

« C‘est avec stupéfaction, doublé d’un sentiment d’indignation, que la CCVC a appris la décision prise par le gouvernement, d’augmenter de 75 francs CFA les prix Rechercher prix de litres de « super » et de « gasoil », à partir du vendredi 09 novembre 2018 », écrit la coalition dans un communiqué signé de sin premier président, Chrysogone Zougmoré.

« Alors que nos populations ploient déjà sous le poids de la vie chère et la misère, dans l’indifférence totale du pouvoir en place, une telle attitude, cynique et méprisante, apparaît comme une grossière provocation face à laquelle, la CCVC et l’ensemble des forces sociales soucieuses du bien-être de nos populations ne sauraient rester indifférentes », poursuit-elle.

Cette hausse, selon les explications du gouvernement, fait suite au constat que le maintien des prix à la pompe comporte une subvention d’environ 58 Fcfa par litre de super 91, et atteint jusqu’à 64 Fcfa pour le gasoil. Au Burkina, les prix des produits pétroliers sont en effet arrêtés en fonction des cours du baril de Brent et du dollar US.

Avec l’envolée des cours des derniers mois sur les marchés, la facture des subventions publiques s’est également envolée. C’est près de 14 milliards Fcfa que l’Etat débourse chaque mois dont 8 milliards pour les subventions à la pompe, ce qui en plus de grever le budget, occasionne d’importants arriérés mettant en difficultés leur trésorerie, pour la Société national d’électricité (Sonabel), et celle des hydrocarbures (Sonabhy).

C’est pourquoi, le gouvernement a décidé, sur la base d’un rapport relatif à la sécurisation de l’approvisionnement du Burkina Faso en hydrocarbures, d’un schéma d’apurement de la dette de l’Etat vis-à-vis de la Sonabel, de l’adoption d’un mécanisme de réajustement des prix des hydrocarbures à la pompe et de la décision d’augmenter les prix à la pompe. Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Remis Fulgence Dandjinou, a rappelé, qu’en 2016, le gouvernement a baissé les prix de 50 Fcfa sur le litre, une baisse qui s’est ajouté à celle de 2015, alors que les prix au niveau international connaissaient déjà une légère hausse. « Le gouvernement espérait que cette hausse allait se ralentir pour qu’on ne soit pas obligé de faire cette péréquation », a expliqué Remis Dandjinou, à l’issue du conseil des ministres.

Facture salée

Selon les détails donnés par le porte-parole du gouvernement, la subvention de l’Etat est d’environ près 14 milliards Fcfa chaque mois, pour les prix à la pompe, le gaz domestique et la Sonabel qui produit l’électricité à partir des hydrocarbures. « Pour éviter que les variations au niveau international affectent le prix du KWH, le gouvernement a décidé de conserver la subvention au gaz, la subvention à la Sonabel, mais de réduire la subvention que nous apportons à la pompe », a expliqué Rémis Dandjinou, qui a fait cas du poids faramineux de la facture de ces subventions. « Aujourd’hui, nous devons à peu près 240 milliards Fcfa à la Sonabhy et les banques ne sont plus prêtes à prêter de l’argent à la Sonabhy pour acheter le carburant que nous allons consommer », a justifié le ministre, qui a imputé cette situation à l’envolée des cours sur les marchés internationaux.

« Il y a notamment une situation internationale que nous ne maîtrisons pas. Tous ces éléments font qu’il y a une envolée des prix qu’on ne peut plus soutenir. Mais le gouvernement a décidé de ne pas toucher au gaz et à la subvention au niveau de la Sonabel », a indiqué, Remis Fulgence Dandjinou, le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement burkinabé.

Si le gouvernement du président Roch Marc Christiant Kaboré, ne manque pas d’arguments pour justifier sa décision, il reste que cette mesure risque de provoquer une hausse des prix des transports et aussi des produits de base. En mai 2016, à la suite de la réduction des prix à la pompe, le prix des tickets de transports a également connu baisse. Avec cette hausse, nul doute que les transporteurs vont aussi répercuter l’augmentation sur les tickets, une inflation qui va également concernées les autres produits de première nécessité comme l’anticipent déjà, certaines associations de consommateurs qui jugent, « la hausse excessive ».

Un effort important du gouvernement qui assumait la contrepartie à travers la subvention

La question des produits pétroliers devient de plus en plus cruciale, compte tenu de leurs poids dans la structure des coûts de production et aussi du fait de leur influence significative dans le comportement des agrégats macro-économiques. Si les prix à la pompe sont restés bloqués au Burkina Faso depuis le mois de mai 2016, soit un peu plus de deux ans, cela est dû à un effort important du gouvernement qui assumait la contrepartie à travers la subvention.

En effet, pendant que ces prix sont restés statiques à la pompe, sur le marché international, les coûts d’acquisition du pétrole sont restés en constante hausse. En guise de comparaison, entre le mois de mai 2016 et celui de mai 2018, la valeur moyenne mensuelle le baril du Brent est passée de 46,45% dollars US à 77,13 dollars US le baril, soit un accroissement de 66,04%. Au mois d’octobre 2018, le Brent s’affiche à 82,09 dollars US, soit une hausse de 76,77% par rapport à mai 2016.

Le dollar US quant à lui a évolué de façon erratique entre mai 2016 et mai 2018, dégageant parfois de légères baisses dont la moyenne est de l’ordre de 4,78 francs CFA.Cela a occasionné des manques à gagner sur la vente des produits pétroliers évalués à 73,920 milliards de francs CFA au 30 juin 2018.

A l’instar des autres pays de la sous région, les prix des hydrocarbures du Burkina Faso sont donc basés sur la moyenne des cotations de deux variables principales que sont le cours du Baril de Brent et le cours du dollar US.

Moctar FICOU / VivAfrik

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