Niger : Le PPAAO s’autoévalue, sous le contrôle du CORAF

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Le Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF) a évalué les progrès de mise en œuvre des projets du Programme de productivité agricole en Afrique de l’ouest (PPAAO) dans sept pays (Bénin, le Ghana, la Guinée, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo) afin d’identifier les défis qui se posent et de développer des stratégies d’amélioration des performances de mise en œuvre lors de la première réunion de synthèse des résultats obtenus par les missions d’appui des PPAAO 2A et PPAAO 1C Financement additionnel (FA).

La rencontre de Niamey, la capitale nigérienne a été tenue le 9 novembre 2018 à l’hôtel Gaweye en marge d’un atelier des parties prenantes du secteur agricole en Afrique de l’Ouest qui se réunissent dans ce pays du 12 au 14 novembre prochain pour évaluer la mise en œuvre des projets du Programme de productivité agricole en Afrique de l’ouest.

« La première réunion de synthèse des missions d’appui est un évènement de suivi de la mise en œuvre des projets » explique Dr Lamien Nieyidouba, le coordinateur régional du PPAAO, ajoutant que «l’intérêt de cette rencontre est le partage des leçons apprises entre les participants».

Cet atelier a enregistré la participation de près de 120 personnes comprenant les délégations des Coordinations nationales du PPAAO, le Secrétariat Exécutif du CORAF, la Banque Mondiale, le Ministre d’État et le Ministre de l’Agriculture et de l’Elevage du Niger, ainsi que des partenaires invités.

Projets du PPAAO

D’après le communiqué parvenu à VivAfrik, le PPAAO a été mis en place pour relever le défi de la sécurité alimentaire durable en Afrique de l’Ouest. Initié en 2008 par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et financé par la Banque mondiale, le PPAAO qui est un programme régional en deux phases est actuellement mis en œuvre dans 13 pays de la CEDEAO, il s’agit du Ghana, du Mali et du Sénégal pour le PPAAO A, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et du Nigeria pour le WAAPP B et du Bénin, de la Gambie, de la Guinée, du Liberia, du Niger, de la Sierra Leone et du Togo pour le PPAAO C, détaille le document.

Selon la même source, l’objectif de développement de la première phase est de générer et de diffuser les technologies améliorées, alors que l’objectif de la seconde phase est d’intensifier la dissémination et l’adoption des technologies améliorées, des filières prioritaires agricoles des pays bénéficiaires du programme.

Les pays du PPAAO A sont à la deuxième phase alors que ceux des PPAAO B et C étaient à la première phase qui a pris fin en décembre 2016. Le Benin, la Guinée, le Niger et le Togo ont eu un financement additionnel pour passer à échelle les acquis du PPAAO 1C.

Tous ces projets ont pour but le bien-être des populations. Cela nécessite alors une analyse et un suivi des conditions d’efficacité des projets agricoles par l’évaluation des résultats dans une perspective d’amélioration des performances.

Evoquant les éminentes réalisations du PPAAO, le texte souligne que ce projet, à vocation régionale, « a impacté de façon considérable le secteur agricole de Afrique de l’Ouest dans les domaines suivants :

  • La transformation des centres nationaux de spécialisation en centres régionaux d’excellence ;
  • La consolidation et l’expansion des échanges régionaux de technologies et d’innovations agricoles afin de généraliser leur diffusion et leur adoption ;
  • La modernisation des services de vulgarisation agricole et des systèmes de transfert de technologies, en étendant notamment les approches novatrices actuellement expérimentées par le projet dans un certain nombre de pays (plateformes d’innovation et outils basés sur les technologies de l’information et de la communication tels que les services de vulgarisation agricole électroniques et les bons prépayés électroniques pour l’accès aux intrants) ;
  • L’harmonisation du règlement régional sur les semences (libre circulation des intrants)
  • Le renforcement parallèle des systèmes nationaux de production et de distribution de semences et du marché régional de semences, afin de garantir la disponibilité et l’utilisation de graines certifiées ».

Vu sous cet angle, le coordinateur régional du programme PPAAO, le Dr Niéyidouba Lamien peine à cacher sa satisfaction. «Nous sommes satisfaits de la performance du PPAAO», se réjoui-t-il. A l’en croire, le PPAAO a pour mission d’améliorer la productivité, de réduire la faim, d’améliorer la nutrition, de créer des emplois et de soutenir la collaboration transfrontalière. A ce jour, le programme a enregistré dans la sous-région plus de sept millions de bénéficiaires directs dont 42% de femmes et 49% millions de bénéficiaires indirects.

En augmentant les rendements des cultures prioritaires entre 30% et 150%, le programme a un impact mesurable sur la sécurité alimentaire et l’apport calorique. La consommation calorique est passée de 2.777 kcals à 2.964 kcals et la «période de soudure» a connu une réduction moyenne de 28 à 55%. Après dix ans de mise en œuvre, le PPAAO a également augmenté de 34% la situation économique des producteurs. Il a généré avec succès et accéléré l’adoption de plus de deux cent technologies et innovations qui ont été diffusées et adoptées par presque 4,5 millions de producteurs et de transformateurs sur une surface cultivée de 4,8 millions d’hectares.

De plus, ajoute la source, neuf Centres Nationaux de Spécialisation (CNS) sont opérationnels et deux centres ont été érigés en centres d’excellence régionaux (CRE). Il s’agit du CRE céréales sèches du Sénégal et le CRE racines et tubercules du Ghana.

Par ailleurs, pour assurer la relève en matière de recherche le PPAAO a également financé la formation universitaire de 1021 jeunes dont 28% de femmes et 72% d’hommes. En 2016, rappelle le communiqué, la Banque mondiale a classé le PPAAO comme le second meilleur projet qu’elle a financé en Afrique.

A son terme de mise en œuvre, le PPAAO va dépasser les frontières de la productivité pour passer à la transformation de l’agriculture en tant que Programme de transformation agricole en Afrique de l’ouest (PTAAO). Ce nouveau projet vise à transformer l’industrie agricole, de manière durable, en mettant à l’échelle des innovations réplicables, des technologies et des variétés agricoles en utilisant les outils TIC et la géocartographie.

Moctar FICOU / VivAfrik

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